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Nouvelle approche du programme Éthique et culture religieuse



Publié le 25 Août 2008
Publié le 7 Mai 2010
Jacques Bélanger RSS Feed

Depuis plusieurs années, le gouvernement jongle avec l’idée d’offrir aux élèves du primaire et du secondaire un cours qui remplacerait l’enseignement moral et les programmes d’enseignement religieux catholique et protestant. C’est maintenant chose faite : le programme Éthique et culture religieuse (ECR) sera offert à compter de septembre.

Sujets :
Ministère de l’Éducation , Ministère de l'Éducation , Coalition pour la liberté , Québec , Région des Bois-Francs

«Lorsqu’il a été question de faire la préparation de ce programme, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport a tenu des consultations auprès des groupes religieux. Tout au long de ce processus, ces derniers ont fait part de leurs commentaires et des modifications ont été apportées afin de donner satisfaction à ces groupes, explique Stéphanie Tremblay, porte-parole du Ministère. Ensuite, on a effectué une tournée de consultation auprès des parents et, bien que certains aient démontré des inquiétudes, les commentaires se sont avérés positifs. Les enseignants y ont également participé et ont aidé à expliquer le nouveau programme.»

Au cours des années 1980 et 1990, le Québec connaît une forte immigration et se pluralise, ce qui amène le ministère de l'Éducation à revoir la façon d’enseigner. À ce titre, l’enseignement religieux n’y échappe pas. Les premiers pas en ce sens s’effectuent en 1996, année où les élèves sont initiés à l’ensemble des autres grandes traditions religieuses du monde et la formation morale se transformera graduellement en formation éthique. En 2005, le gouvernement prend la décision de remplacer les enseignements confessionnel et moral à tous les élèves du Québec, du début du primaire à la fin du secondaire par le programme d’éthique et de culture religieuse.

S’ouvrir à la diversité religieuse

«C’est un programme adapté à l’âge de l’élève et enraciné dans sa réalité à partir de son quartier, de sa ville ou de son village. Il fait également connaître le patrimoine culturel et religieux du Québec et permet de se familiariser avec cet héritage, qui comprend le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme et les spiritualités amérindiennes», explique Mme Tremblay.

À son avis, le programme ECR a aussi l’avantage d’ouvrir l’élève à la diversité religieuse comme l’islam, le bouddhisme et l’hindouisme et de développer face à celles-ci des attitudes appropriées, soit le respect, la tolérance, l’ouverture au dialogue, etc. Stéphanie Tremblay ajoute que ce programme a également l’avantage de faire reconnaître aux élèves le fait que des personnes peuvent aller chercher ailleurs que dans la religion leur conception de la vie, de la mort et de la souffrance.

Se connaître avant de connaître les autres

Dans une vidéo émise par le ministère de l’Éducation, une professeure compare le nouveau programme avec celui de l’enseignement moral. «En morale, dit-elle, on dirigeait l’enfant vers ce qu’il faut faire. En éthique, on encourage l’enfant à découvrir qu’il est unique et qu’il doit tout d’abord se connaître avant de se tourner vers l’autre en apprenant sa culture, ses coutumes et sa religion.»

«Nous sommes confiants que ce nouveau programme répondra davantage aux besoins actuels de la clientèle scolaire», conclut Mme Tremblay.

Opposition organisée

Il semble que certains parents ne l'entendent pas ainsi. À quelques jours de la rentrée scolaire, l'opposition contre le programme Éthique et culture religieuse (ECR) s'organise un peu partout à travers la province. Après le refus de leur demande d'exemption, des parents de la région des Bois-Francs ont décidé de recourir à l'arme ultime du boycottage contre le nouveau cours. Pour ce faire, ils ont formé la Coalition pour la liberté en éducation (CLE) et ont entrepris de sillonner la province, afin de rallier un maximum de parents à leur cause. Une réunion d'information a eu lieu à Québec le 19 août. Il semble toutefois que l'ultimatum du boycottage n'était pas à l'ordre du jour. Pour en savoir davantage : www.mels.gouv.qc.ca/ecr et www.coalition-cle.org

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Roger Girard
    - 10 Mai 2010 à 09:58:00

    Lors de difficultés avec l’ÉCR, les enseignants seront les premiers blâmés Tout porte à croire que les enseignantes et les enseignants qui seront chargés du nouveau cours Éthique et culture religieuse en septembre prochain n’ont pas reçu la formation adéquate pour ce programme. Mais s’il survient des problème dans les écoles concernant le programme Éthique et culture religieuse (et plusieurs personnes bien avisées le prévoient), qui tiendra-t-on responsable? Il y a fort à parier que la responsabilité sera attribuée à l’enseignante ou à l’enseignant en classe. En quelques mots, voici pourquoi. On ne peut s’empêcher de penser que les responsables au Ministère et au palier local se montreront très réticents à rappeler le manque de temps et de ressources pour l’implantation, de même qu’à souligner les difficultés inhérentes au programme dont les finalités prometteuses ne s’appuient pas sur toutes les précisions conceptuelles et pédagogiques nécessaires. D’ailleurs, comme ce fut le cas avec l’appropriation du «renouveau pédagogique», les gestionnaires ont parfois jugé que des enseignants exprimaient des réticences simplement parce qu’il avaient «peur du changement». Le blâme tombera sur le personnel enseignant aussi et surtout parce que le programme exige d’adopter une nouvelle «posture professionnelle» et que la plupart des situations problématiques pouvant survenir en classe seront facilement reliés à une carence au plan de cette «posture professionnelle» fondée sur «un jugement empreint d’objectivité et d’impartialité»… Et comme le recours à la «posture professionnelle» semble avoir servi d’expédient aux difficultés de clarification pédagogique des composantes officielles d’un programme d’études, le personnel enseignant a à assumer, dans ses manières de réagir et de se comporter, les lacunes et les incohérences que mettra à jour l’application concrète du programme dans des classes «ordinaires», bien différentes de celles qui ont vécu l’expérimentation. Les enseignants ne retrouvent pas dans le programme lui-même ce que signifie cette «objectivité» et cette «impartialité» en classe, de sorte qu’ils ont à en déduire eux-mêmes la teneur et les applications. Leur bonne volonté ne pourra suffire à les disculper des soupçons de comportements arbitraires devant tel ou tel cas litigieux pour les élèves, pour leurs parents et même pour tout groupe religieux ou convictionnel visé. Les responsables scolaires pourront toujours alléguer un manque au plan de la «posture professionnelle» comme cause du problème… Dans leur empressement à produire et à implanter le programme, un détail a échappé aux responsables : on ne change pas de «posture professionnelle» comme on change de chemise. C’est une entreprise de longue haleine, liée à la formation professionnelle dans ses dimensions psychosociales, qui s’étend sur des années, selon les spécialistes de cette question. Alors, prévoir dans le «kit» d’appropriation du nouveau programme le développement d’une nouvelle posture professionnelle, comme si l’opération pouvait être réalisée avec quelques jours de formation, tout en faisant de cette «posture» un paramètre incontournable de la mise en œuvre du programme, tout cela tient plus du rêve que du réalisme. D’ailleurs, les auteurs du dossier du CRIFPE dans le bulletin Formation et Profession expriment ouvertement les grandes difficultés à adopter cette posture professionnelle exigée. Ainsi, pour Suzanne Rousseau, de l’UQTR, «Prétendre que des savoirs limités puissent garantir une posture d’objectivité, voire de neutralité est un leurre». De son côté, Mireille Estivalèzes, de l’Université de Montréal, énonce que « la posture impartiale semble un objectif difficile à atteindre. Pour certains enseignants, le changement de posture demandé constitue parfois une véritable reconversion…» Sans cette «posture», faut-il le rappeler, le programme risque de produire des résultats contraires à ceux recherchés! Autre facteur important, les enseignantes et les enseignants ne pourront compter sur leurs syndicats pour les défendre en cas de «pépins». Ces derniers se sont débattus, particulièrement depuis les États généraux de l’éducation en 1995 et à chaque consultations depuis, pour compléter la laïcisation du système scolaire en enlevant l’enseignement religieux confessionnel. Le cours ÉCR que nous avons aujourd’hui se présente comme l’ultime et incontournable étape. Alors, que personne ne vienne compromettre la réalisation de cet objectif «historique». Comme le souligne Jean-Pierre Proulx dans le dossier, les responsables syndicaux semblent maintenant satisfaits que le programme soit implanté et se montrent peu loquaces sur les conditions de réussite à respecter. On se souviendra que le président de la CSQ, Réjean Parent, déclarait en décembre dernier ne pas douter que les enseignants seraient tout à fait prêts pour enseigner le programme ÉCR en septembre 2008. Il faisait alors appel à leur professionnalisme : qui osera mettre sa parole en doute? Dans les circonstances, il est fort possible que plusieurs titulaires du primaire restreignent énormément le temps consacré à ce programme, pour éviter des problèmes de tous côtés… On ne pourra leur en vouloir d’éviter le plus possible les inconvénients d’un programme difficile à appliquer, peu adapté aux élèves et pour lequel ils sont encore en attente de formation. Si jamais des élèves de leur groupe obtenaient une exemption pour des motifs de liberté de religion et de conscience, ils n’auraient sans doute pas à être retirés ni longtemps, ni fréquemment! Nul ne peut en douter, même s’ils ne sont pas les premiers responsables de la situation, les enseignants seront les premiers blâmés : ils sont pris dans le système et ne peuvent plus refuser. Ils sont présumés avoir été consultés et préparés adéquatement. Qui les défendra en mettant en cause le programme, avec «sa lourdeur et les défis qu’il constitue» (Suzanne Rousseau), ou en pointant les piètres conditions de formation et de mise en œuvre? En définitive, la réaction des parents insatisfaits et inquiets, jusqu’à demander l’exemption pour leur enfant, représente peut-être la seule chance de manifester clairement que le programme, malgré ses promesses et l’enthousiasme de certains, comporte des problèmes jusqu’ici tenus dans l’ombre mais qui exigent d’être considérés avec soin. C’est peut-être de cette manière, en prenant en compte le contexte réel d'application du programme, que l’on aidera les enseignants et les enseignantes à agir avec tout le professionnalisme dont ils sont capables. Roger Girard Ex-enseignant et chercheur en éducation http://www.ethiqueetculturereligieuse.blogspot.com/

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  • Nom de l\'usager
    Pierre-Louis Tremblay
    - 10 Mai 2010 à 09:57:59

    Article de propagande payé sans doute avec nos impôts. Pour des critiques sur ce cours imposé à tous sans consultation ou respect, voir www.coalition-cle.org

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