«Lorsqu’il a été question de faire la préparation de ce programme, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport a tenu des consultations auprès des groupes religieux. Tout au long de ce processus, ces derniers ont fait part de leurs commentaires et des modifications ont été apportées afin de donner satisfaction à ces groupes, explique Stéphanie Tremblay, porte-parole du Ministère. Ensuite, on a effectué une tournée de consultation auprès des parents et, bien que certains aient démontré des inquiétudes, les commentaires se sont avérés positifs. Les enseignants y ont également participé et ont aidé à expliquer le nouveau programme.»
Au cours des années 1980 et 1990, le Québec connaît une forte immigration et se pluralise, ce qui amène le ministère de l'Éducation à revoir la façon d’enseigner. À ce titre, l’enseignement religieux n’y échappe pas. Les premiers pas en ce sens s’effectuent en 1996, année où les élèves sont initiés à l’ensemble des autres grandes traditions religieuses du monde et la formation morale se transformera graduellement en formation éthique. En 2005, le gouvernement prend la décision de remplacer les enseignements confessionnel et moral à tous les élèves du Québec, du début du primaire à la fin du secondaire par le programme d’éthique et de culture religieuse.
«C’est un programme adapté à l’âge de l’élève et enraciné dans sa réalité à partir de son quartier, de sa ville ou de son village. Il fait également connaître le patrimoine culturel et religieux du Québec et permet de se familiariser avec cet héritage, qui comprend le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme et les spiritualités amérindiennes», explique Mme Tremblay.
À son avis, le programme ECR a aussi l’avantage d’ouvrir l’élève à la diversité religieuse comme l’islam, le bouddhisme et l’hindouisme et de développer face à celles-ci des attitudes appropriées, soit le respect, la tolérance, l’ouverture au dialogue, etc. Stéphanie Tremblay ajoute que ce programme a également l’avantage de faire reconnaître aux élèves le fait que des personnes peuvent aller chercher ailleurs que dans la religion leur conception de la vie, de la mort et de la souffrance.
Se connaître avant de connaître les autresDans une vidéo émise par le ministère de l’Éducation, une professeure compare le nouveau programme avec celui de l’enseignement moral. «En morale, dit-elle, on dirigeait l’enfant vers ce qu’il faut faire. En éthique, on encourage l’enfant à découvrir qu’il est unique et qu’il doit tout d’abord se connaître avant de se tourner vers l’autre en apprenant sa culture, ses coutumes et sa religion.»
«Nous sommes confiants que ce nouveau programme répondra davantage aux besoins actuels de la clientèle scolaire», conclut Mme Tremblay.
Opposition organiséeIl semble que certains parents ne l'entendent pas ainsi. À quelques jours de la rentrée scolaire, l'opposition contre le programme Éthique et culture religieuse (ECR) s'organise un peu partout à travers la province. Après le refus de leur demande d'exemption, des parents de la région des Bois-Francs ont décidé de recourir à l'arme ultime du boycottage contre le nouveau cours. Pour ce faire, ils ont formé la Coalition pour la liberté en éducation (CLE) et ont entrepris de sillonner la province, afin de rallier un maximum de parents à leur cause. Une réunion d'information a eu lieu à Québec le 19 août. Il semble toutefois que l'ultimatum du boycottage n'était pas à l'ordre du jour. Pour en savoir davantage : www.mels.gouv.qc.ca/ecr et www.coalition-cle.org
