Ce type de caribou est un animal à statut précaire au Québec. Une population isolée d’environ 85 animaux se regroupe dans le parc des Grands Jardins pendant l’hiver et au printemps, de la mi-mars à la fin avril, ils se dispersent. Leur aire de répartition s’étend du parc des Hautes-Georges jusque dans la réserve faunique de Portneuf, en passant par la Vallée de la Jacques-Cartier. Une grande partie de ces caribous traversent donc la route 175.
«Pour eux, il est important de se disperser, car il s’agit de leur stratégie antiprédatrice. Lorsque les populations de caribous sont moins denses, les loups y sont moins intéressées», souligne Christian Dussault, biologiste au ministère des Ressources naturelles et de la faune du Québec.
Par contre, puisque la route 175 passera en moyenne de 30 mètres à 120 mètres de largeur, elle pourrait devenir une barrière aux déplacements des caribous, même si des passages à faune sont prévus, mentionne M. Dussault. «Il s’agit d’un animal craintif qui fuit l’activité humaine», dit-il. Ainsi confinée à l’est de la 175, la population de caribous deviendrait plus facilement la proie des loups.
Le ministère des Transports du Québec, l’Université du Québec à Rimouski et le MRNFQ ont donc entrepris une étude pour observer les déplacements des caribous forestiers et des loups avant, pendant et après les travaux d’élargissement de la route 175.
Depuis l’hiver 2003-2004, des experts suivent une trentaine de caribous auxquels ils ont mis un collier émetteur. Toutes les deux heures et demie, leur position est enregistrée à quelques mètres près. Des loups sont également suivis, de façon à pouvoir évaluer si les possibilités de rencontre entre ces deux animaux vont augmenter au cours des prochaines années.
L’étude se poursuivra jusqu’en 2012. Les résultats indiqueront si l’effet de barrière appréhendé s’est concrétisé et si c’est le cas, des pistes de solutions visant à protéger les caribous forestiers seront envisagées.
