Le Regroupement des citoyens de Shannon, organisateur de cette marche de solidarité, a voulu démontrer aux responsables de la contamination des sols et de l'eau de ce secteur que le dossier est toujours ouvert.
«Le dossier n'est pas clos, tant que le gouvernement fédéral n'aura pas reconnu sa responsabilité», indique la députée bloquiste responsable de la région de Québec, Christiane Gagnon.
Le procureur vient de changer dans cette affaire, venant ainsi provoquer un délai dans le développement du recours collectif déposé en 2003. Le Regroupement veut montrer aux entreprises qu'il affronte dans ce dossier – soit le gouvernement du Canada, la base militaire de Valcartier et GD OTS Canada Limited (corporation fédérale opérant les usines d'armements à Valcartier, anciennemement SNC Tech de SNC-Lavalin) – que cette histoire n'est pas tombée dans l'oubli.
«Chaque geste du quotidien a été touché par le TCE. Les 140 millions de litres d'eau souterraine ont présenté une concentration de TCE jusqu'à 10 000 fois supérieure (au seuil acceptable). Ce ne sont pas juste des gens de Shannon qui ont été touchés», a rappelé Marie-Paule Spieser, présidente du Regroupement des citoyens de Shannon.
Le Regroupement croit que le taux élevé de cancers du cerveau et de leucémies dans la municipalité est attribuable à l'eau contaminée par le TCE ayant été consommée par les citoyens et travailleurs de Shannon, avant qu'un nouveau raccordement du réseau d'aqueducs ne soit effectué. Habituellement, on peut calculer un cancer par 25 000 habitants. «On a déjà 12 cancers de répertoriés dans notre municipalité», informe le Dr Claude Juneau.
Récemment, une douzaine d'échantillons d'eau et de sol ont été prélevés, afin d'évaluer le niveau de contamination en TCE. Les résultats des analyses devraient être dévoilés d'ici la fin du mois.
«On est sur du sable. Ça glisse et la contamination se répand jusqu'à la rivière Jacques-Cartier. Décontaminer est un défi, confiner est possible, avec des barrières hydrogéologiques et une station de pompage», explique Daniel Green, environnementaliste responsable du dossier.
Projet de loi C-419Outre cette marche de solidarité, une pétition de 23 000 signatures déposée en juin dernier à la Chambre des communes. «À cela il faut ajouter quelques centaines de signatures», précise la députée bloquiste Christiane Gagnon.
À cette pétition se greffe le projet de loi C-419, soit la Loi concernant la notification aux anciens résidents et anciens employés de la base militaire de Valcartier quant à l'eau contaminée. «Il y a une loi semblable qui existe pour le cas du camp Lejeune (Caroline du Nord) aux États-Unis, où des milliers de personnes ont été retracées. Ici, le projet de loi n'a pas été encore débattu à la Chambre des communes. C'est difficile aussi de retracer les gens», détaille la députée Gagnon, parmi les participants de la marche.
Jusqu'à ce jour, plus de 2 000 personnes sont inscrites en tant que membres du recours collectif et près de 400 personnes sont atteintes d'un cancer ou en sont décédées.
Une journée de souvenance aura lieu ce samedi de 10h à 18h. Une cérémonie se déroulera à 11h, au centre récréatif de Shannon (à côté du poste de pompiers).
