«Je suis ce qu'on appelle un survivant de ce drame horrible qui a secoué Haïti, mentionne dans un premier temps Nicolas Mazellier. J'ai passé 17 heures de temps dans une petite cavité pas plus grande qu'un cercueil. J'y ai vécu des moments difficiles ponctués de souffrance, de violence, de solitude et de foi en mon sauvetage. Je pense être devenu un homme meilleur à la suite de cette expérience traumatisante. En l'espace de 17 heures, je suis devenu un citoyen de quatre pays, soit la France où je suis né, le Canada où je me suis établi, Haïti parce que je compatis avec les autres survivants du séisme et l'Équateur en hommage à celui qui m'a sorti des décombres de l'Hôtel Montana.»
Entre l'absurde de s'être trouvé à Haïti la journée de ce tremblement de terre et le mystère de savoir pourquoi cela est arrivé, M. Mazellier a choisi le mystère plutôt que se tracasser inutilement.
«Je me dis qu'il y a une raison pour laquelle j'ai vécu cette expérience spirituelle hors du commun, précise encore l'homme qui a subi une blessure à la jambe gauche à la suite de cette expérience. Je suis présentement en convalescence, mais je ne sais pas encore comment je vais m'en remettre au plan psychologique. Je m'en voudrais pour le reste de mes jours si je ne faisais pas en sorte d'aider Haïti à se sortir de cette mauvaise passe. Je participais à ma deuxième mission dans ce pays qui semblait vouloir relever la tête. Nos efforts des derniers mois ont été réduits à néant. J'espère bien que le gouvernement du Québec continuera à supporter Haïti, car l'état en a grandement besoin.»
L'administrateur de l'École nationale d'administration publique (ÉNAP) était en train de voir aux préparatifs d'une rencontre prévue en mai prochain destinée à l'ensemble des membres du gouvernement haïtien et des pays qui leur apportent leur aide.
«On décelait une réelle volonté de cet état de s'organiser. Le gouvernement du Québec apportait son aide pour préparer un forum mondial de manière à mieux structurer le contexte budgétaire haïtien. Nous avions à élaborer un plan d'action vers l'adoption d'un budget global pour doter le gouvernement d'une base solide. Si j'avais les capacités physiques nécessaires, je retournerais sans hésiter pour aider à la reconstruction de l'île», admet le père d'un garçon de 8 ans et demi.
«Je ne vise rien de moins qu'une mobilisation citoyenne de grande envergure pour venir en aide aux Haïtiens. J'invite les citoyens de même que les gens d'affaires de Stoneham d'appuyer de toutes les manières possibles et aux organismes de leur choix par des dons en argent pour Haïti. La municipalité s'engage à remettre les sommes amassées en date du 28 mars prochain aux organismes choisis par ses résidents et ses gens d'affaires. J'ai même suggéré au maire Robert Miller que Stoneham-et-Tewkesbury parraine une communauté haïtienne. Si d'autres villes peuvent prendre exemple sur la nôtre, cela ne pourra qu'aider Haïti à s'en sortir.»
L'aide à apporter à Haïti est aussi simple que donner à boire et à manger, à soigner ses habitants.
«Selon moi, il est important que les Québécois se mobilisent pour cette cause. J'ai fort apprécié la visite de mon maire quand j'étais encore à l'hôpital. À travers ce drame, il faut aider Haïti à repartir sur des bases solides. Nous ne sommes tout de même qu'à quatre heures de vol d'une population qui a grandement besoin de notre aide. C'est la mission que je me suis donnée», conclut Nicolas Mazellier.
Les autorités municipales songent à créer des relais dans les commerces pour amasser des sous à être acheminés en Haïti.
«La municipalité et les membres de la direction générale de Stoneham-et-Tewkesbury ont déjà statué qu'une somme de 25 sous par habitant jusqu'à concurrence de 1 506 $ serait remise dans le cadre de cette mobilisation pour Haïti, a indiqué la conseillère municipale responsable de ce dossier, Marie-Ève D'Ascola. Ce sera notre façon de contribuer à soutenir la coopération internationale en Haïti.»
