Le trichloréthylène (TCE) qui a été trouvé dans l’eau de Shannon serait aussi présent dans l’air, puisque le produit est volatil. Ainsi, on a fait des recherches sur la qualité de l’air d’une quinzaine de résidences et dans plus de la moitié, on a trouvé des vapeurs de TCE. Des maisons dont la quantité de TCE dans l’eau n’avait parfois pas dépassé les normes de toxicité et que la défense tentait d’exclure du recours collectif.
Les taux dans l’air atteindraient parfois 10 à 11 microgrammes par mètre cube, selon Me Charles-A. Veilleux, qui défend les intérêts des citoyens de Shannon. Les normes canadiennes sont de 5 microgrammes par mètre cube. Idem pour les États-Unis. Le US Environnemental Protection Agency a toutefois soumis une recommandation afin de faire abaisser ce taux à 0,25 microgramme par mètre cube.
En Ontario, en décembre dernier, le ministère de l’Environnement a aussi révisé ses standards. Le niveau maximum acceptable est passé de 2,3 microgrammes à 0,5 microgramme par mètre cube d’air, soit 20 fois moins que les taux qu’on aurait détectés dans certaines maisons de Shannon.
Selon un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), on peut lire que Santé Canada estime que l’apport quotidien moyen de TCE provenant de l’air est de 24 microgrammes par jour. Cette donnée date de 1992.
Ainsi, si l’on prend en considération qu’un être humain moyen respire une quinzaine de mètres cubes d’air chaque jour, le taux de TCE respiré pourrait atteindre jusqu’à 75 microgrammes, soit plus de trois fois l’apport quotidien moyen estimé par Santé Canada.
Un rapport épidémiologique du toxicologue Claude Tremblay et des mises à jour sur des rapports déjà déposés seront soumis à la cour au courant du mois. L’étude épidémiologique qui sera déposée à la fin mars compare entre autres le taux de cancer à Shannon avec le registre canadien des cancers.
Pour ce qui est du lien entre les cas de cancer et le TCE, l’avocat Veilleux avance qu’une étude a démontré que sur 29 cas de cancer, 27 comportaient des mutations génétiques du chromosome 3. Cette mutation serait due à une exposition au TCE. C’est à tout le moins ce que les avocats tenteront de démontrer. Ces chiffres sont toutefois contestés par l’INSPQ.
Rappelons que 503 cas de cancer ont été répertoriés dans le secteur de Shannon. Quelque 80 dossiers encore incomplets pourraient alourdir cette statistique alarmante. On prévoit que le procès pourrait débuter en janvier prochain et durer au moins six mois, advenant que le recours collectif puisse être entendu comme tel.
