Affaires publiques : quand l’armée rend des comptes aux citoyens

Thaïs
Thaïs Martel
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Officier d’infanterie, pilote, soldat des blindés, technicien en approvisionnement; certains métiers des Forces armées canadiennes viennent tout de suite à l’esprit quand on pense aux possibilités de carrières qu’offre l’armée. Mais ce ne sont pas les seuls emplois existants, loin de là. On retrouve aussi des militaires qui sont médecins, musiciens, officiers des sciences biologiques, avocats ou cuisiniers. Le groupe Québec Hebdo vous présente quelques-uns des métiers moins connus des Forces armées canadiennes. Comment ces militaires hors de l’ordinaire ont découvert leur métier, pourquoi l’ont-ils choisi, qu’est-ce qui les a menés là où ils sont? Voilà le point de départ permettant de mieux connaître la vie sur la Base militaire de Valcartier. (NDLR)

«Comme organisme public, on se doit de rendre des comptes aux citoyens et ça, c’est en leur racontant notre histoire qu’on le fait. Chaque militaire est un porte-parole potentiel», lance Evelyne Lemire. Pour conseiller ses milliers de représentants, mais aussi pour informer, gérer les communications internes et externes ou réagir publiquement en cas de crise, les Forces armées canadiennes ont des officiers des affaires publiques. Le capitaine Lemire est du nombre.

Pour Evelyne Lemire, l’armée, c’est un peu un défi devenu une belle aventure. «Comme femme, je voulais aller où peu de gens vont. L’armée, pour moi, c’était un défi personnel. Je me suis rendu compte qu’en affaires publiques, les emplois étaient très différents dans l’armée par rapport au civil. C’est le plus beau métier qui existe», lance-t-elle d’entrée de jeu.

Originaire de Trois-Rivières, Evelyne Lemire a joint les rangs des cadets de l’air à l’âge de 12 ans. Elle y a découvert plusieurs activités dont la musique, l’escouade de précision, le sport et le tir. Elle a ensuite choisi la Réserve en 1998 comme officier du Cadre des instructeurs de cadets (CIC). Parallèlement, elle a complété un baccalauréat en communication publique à l’Université Laval en 2003 et joint la Force régulière en septembre 2005 comme officier des affaires publiques.

Tâche variée

Au gré des affectations, elle a vu son travail changer du tout au tout. Au-delà de l’importance de qualités comme le leadership, l’autonomie et l’intérêt pour l’actualité en général, le capitaine Lemire est persuadée d’une chose : il faut aimer la diversité parce que dans le domaine des affaires publiques, on change souvent d’emploi dans l’armée.

Ainsi, à la base militaire de Valcartier, elle a eu à travailler souvent avec les médias et a organisé de nombreuses conférences de presse en plus d’écrire quelques articles publiés à l’interne. Elle y a annoncé de bonnes nouvelles sur les succès des opérations de l’armée comme des mauvaises concernant les décès de soldats canadiens.

À la Réserve navale, son affectation depuis septembre dernier, elle travaille davantage dans le domaine des communications stratégiques et opérationnelles. Elle développe également des outils de communication. «Il faut se demander comment on va communiquer des informations à la population quand on fait des opérations», résume la militaire.

Et dans le domaine de l’aviation, les défis sont complètement différents. «On n’a qu’à penser aux plaintes pour bruit à gérer ou encore au dossier des nouveaux F-35 qu’on veut acheter», explique le capitaine Lemire.

«On utilise beaucoup d’acronymes. Notre travail, c’est de montrer aux militaires comment parler pour être compris.» Capitaine Evelyne Lemire

Déployée pendant huit mois en Afghanistan en 2008, elle a aussi beaucoup appris sur le terrain. «J’ai pu observer comment se faisaient les communications internationales à l’époque ou les États-Unis n’avaient pas pris le lead. C’était très enrichissant de voir comment les autres nations travaillent», assure-t-elle.

La formation en demande

Le capitaine Évelyne Lemire est aussi devenu formatrice par la bande. C’est que dans les Forces armées, de plus en plus de gens ressentent le besoin de recevoir une formation en affaires publiques. «Par exemple, on utilise beaucoup d’acronymes. Notre travail, c’est de montrer aux militaires comment parler pour être compris», résume-t-elle.

Dans le domaine des affaires publiques, les besoins ne sont pas criants comme dans d’autres domaines dans l’armée. L’emploi est aussi populaire auprès des hommes que des femmes. Plusieurs officiers rejoignent également les affaires publiques après avoir longtemps pratiqué un autre métier dans l’armée.

Et puis un dernier avantage du métier d’officier des affaires publiques selon Evelyne Lemire : la possibilité de concilier le travail et la famille, un gros plus pour la maman de deux enfants.

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Organisations: Cadre des instructeurs de cadets, Forces armées canadiennes, Université Laval Groupe Québec Hebdo

Lieux géographiques: La Force régulière, Valcartier, Afghanistan États-Unis

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