L'acte de se souvenir se veut une marque de respect à l'endroit des événements et des personnages qui ont marqué notre histoire commune. Cela permet non seulement de se rappeler nos racines, mais également de rendre hommage à nos fondateurs à travers les générations. Ces repères historiques servent donc de balises à l'évolution d'une collectivité ou d'une nation, à condition de ne pas être bousculés par l'urgence de souligner l'histoire contemporaine. Un empressement qui nous guette tous. À preuve, voici trois situations qui illustrent bien la véracité de la maxime voulant que «la mémoire est une faculté qui oublie».
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La première séance officielle à l'hôtel de ville de Québec, depuis les élections du 1er novembre, a mis en évidence un conseil municipal plus féminin, plus jeune, mais surtout plus sage. Or, cette relative bonne entente, voire cette connivence, n'a rien pour rassurer les citoyens-électeurs. Si les élus au pouvoir se frottent les mains d'aise devant une salle composée de 25 conseillers de l'équipe du maire Régis Labeaume, contre deux maigres opposants indépendants, il n'y a pas vraiment lieu de se réjouir pour la démocratie. Certes, les séances seront plus tranquilles. Toutefois, cette paix relative dans un régime quasi monarchique ne garantit en rien que l'intérêt public soit mieux servi. D'une part, on se rappellera que dans les années 1970 et 1980, les conseils municipaux à sens unique n'avaient pas prémuni Québec contre les erreurs de parcours. D'autre part, on conviendra que l'arrivée du maire Labeaume dans un conseil où l'opposition dominait en nombre ne l'a pas empêché de guider la Ville vers le succès lors de son 400e.
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Le projet de rebaptiser l'autoroute Henri IV en route de la Bravoure s'avère une erreur, pour ne pas dire un affront à éviter. L'idée saugrenue, qui a germé dans la tête d'un député provincial isolé et en manque de visibilité, est loin de rallier les autorités toponymiques. En fait, la proposition de Gérard Deltell illustre davantage une profonde méconnaissance sinon un mépris de l'histoire de la part du futur chef de l'agonisante Action démocratique du Québec et de ses quelques centaines de partisans. Rappelons aux bonnes âmes qui s'émeuvent devant le travail ingrat accompli par les militaires en Afghanistan, dans le cadre d'une mission offensive qu'une majorité de Québécois désapprouve, que nos anciens combattants ont déjà divers monuments et portions de route qui leur sont dédiés. Cependant, il est hors de question pour l'ensemble des Sociétés d'histoire de la région et du Québec de faire disparaître le nom du roi Henri IV, qui fut responsable du périple de Samuel De Champlain et Pierre Duga De Mons, cofondateurs de la ville de Québec. Un compromis consisterait à renommer uniquement la portion du boulevard Pie XI, qui se prolonge devant la base de Valcartier.
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On dit souvent que le temps arrange les choses. On pourrait ajouter que quand ce n'est pas le cas, il s'organise parfois pour les corrompre. La plus récente démonstration nous vient du gouvernement fédéral. En visite en Inde, deuxième pays le plus populeux de la planète et marché économique aussi convoité que celui de la Chine, le premier ministre Stephen Harper y est allé de quelques courbettes pour séduire les autorités gouvernementales. C'est que, devant la croissance fulgurante du pays de Gandhi, le besoin de nouvelles installations nucléaires pour combler les besoins en énergie se fait criant. Voilà qui tombe bien, le Canada a des réacteurs Candu à vendre. Pour y parvenir, il est même prêt à mettre de côté ses doléances du passé, alors que l'Inde a utilisé les premiers réacteurs nucléaires canadiens livrés dans les années 1970 pour développer en secret son arsenal nucléaire…
Mémoire, cette faculté qui oublie
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