Bien qu'on attribue à Pierre de Coubertin, en 1896, la naissance des Jeux olympiques modernes, et que les jeux d'hiver sont apparus en 1924, c'est plutôt 776 ans avant Jésus-Christ que les premiers jeux ont vu le jour. Répondant dès lors au besoin de l'être humain de se comparer avec ses pairs pour apprécier ses performances, ils comblent encore aujourd'hui ce besoin que les pays ont rapidement fait leur.
Il va sans dire que chaque pays participant aux Jeux olympiques espère décrocher l'or, l'argent ou le bronze qui leur vaudront des retombées au niveau mondial. Bien sûr, les grands réseaux de télévision et les plus grands journaux du monde n'auront d'écran, de micro et d'encre que pour ceux qui grimperont sur le podium où sera exhibée la crème des athlètes.
Fiers de porter le drapeau de leur pays lors de l'ouverture et de la clôture des Jeux, comme ils le feront tout au long des compétitions, les athlètes sont d'abord et avant tout des individus au passé peu orthodoxe.
La plupart d'eux auront consacré la totalité de leur courte vie à s'entraîner en vue de se surpasser de compétition en compétition, de championnat en championnat. Ils vont réaliser seulement plus tard le résultat de l'ampleur des concessions qu'ils auront dû faire pour se rendre à la ligne de départ des pistes olympiques.
Une jeune vie faite de privation et de don total de soi à recommencer et recommencer la même descente, le même tour de patinoire, à pratiquer le même jeu, à tenter de gagner un petit dixième de seconde ici et là, afin de devenir le meilleur.
Les Jeux sont sans pitié pour ceux qui ne réussissent pas. Certains tomberont dans l'oubli, d'autres prendront du temps à se remettre d'une performance jugée médiocre, résultant souvent d'un stress mal géré ou d'un détail non prévu. Des idoles sont à naître ces jours-ci à Vancouver, d'autres connaîtront un sort peu enviable auprès de la critique mondiale.
Au-delà de tout ça, souvenons-nous des sacrifices d'une vie de ces athlètes et de leurs parents qui n'ont souvent cessé de faire des choix familiaux difficiles pour permettre à l'athlète d'entre eux de poursuivre une carrière après tout bien éphémère.
Au-delà des records mondiaux qui seront battus pendant les Jeux, au-delà des athlètes qui seront déçus de leurs performances et qui remettront leur carrière en question, pensons à ces enfants qui ont fait le choix, souvent sans grande connaissance de cause, des effets secondaires qui apparaîtront au retour à la maison.
Une dizaine de garçons et de filles représentent la région de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et du Lac Saint-Jean à Vancouver. Une fois encore, notre région est choyée de pouvoir compter sur ces athlètes de grande qualité. De grands espoirs sont toujours permis quand on rejoint la famille des olympiques, mais soyons réalistes et considérons dès maintenant nos athlètes comme de grands gagnants. Le grand Québec sera derrière ses athlètes pour les aider à atteindre leur but à eux, non pas ceux que, confortablement assis dans notre salon, nous leur imposerons.
Jean-Philippe Le Guellec, Marc-André Bédard, Patrice Bergeron, François-Olivier Roberge, Vincent Marquis, Alex Harvey, Kalyna Roberge, Marie-Michèle Gagnon, Dominique Maltais et Marianne St-Gelais, tout Québec est fier de vous et vous porte déjà dans son coeur.
Pour la suite, à la gloire de Dieu.
Aux dieux des Jeux
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