Dans une société évoluée du XXIe siècle comme la nôtre, alors que bien des luttes ont été menées et bien des batailles remportées pour le mieux-être de la collectivité, certaines revendications persistantes peuvent paraître exagérées sinon exaspérantes. Ce n'est pas que chaque cause ne mérite pas un minimum d'intérêt, mais plutôt qu'il devient irritant à la longue d'entendre des doléances un tantinet partisanes qui balayent l'intérêt général derrière l'égoïsme d'une requête insistante. La semaine qui se termine a apporté son lot de situations qui monopolisent beaucoup d'énergie pour peu de résultats.
Ici, mettons des gants blancs car, avec le titre qui coiffe cette chronique, il s'avère périlleux d'aborder l'essoufflement de la lutte des femmes en cette semaine de la Journée qui leur est dédiée. Le risque est grand de se mettre à dos une horde de militantes féministes, pour qui il est interdit de remettre en question des concepts comme le droit à l'avortement, l'équité salariale, ou l'égalité des sexes. Pourtant, s'il n'y avait que 300 personnes (incluant des hommes) le 8 mars dernier lors de la tenue à Québec de la Marche mondiale dénonçant les «injustices» commises envers les femmes, c'est probablement parce que les inégalités historiques ont été passablement aplanies. D'ailleurs, les jeunes filles en tirent pleinement avantage et sont donc moins portées sur la manifestation, surtout lorsque celle-ci s'égare et ratisse trop large.
Certes, la situation reste perfectible et des améliorations demeurent souhaitables, mais nous ne sommes plus au Moyen Âge. De belles carrières sont accessibles, tant au féminin qu'au masculin. Reste néanmoins que des disparités vont inévitablement persister. Ainsi, on verra toujours peu de femmes pratiquer le métier de déménageur. Tout comme le jour est loin où l'homme portera la vie et permettra à sa conjointe d'éviter de prendre une pause dans son cheminement professionnel et son enrichissement personnel à chaque naissance. Dans l'attente de l'improbable, il est possible tout de même d'espérer des avancées en matière de représentativité dans les hautes sphères décisionnelles dans grandes sociétés. Une démarche qui doit se faire au mérite, sans discriminer ni pénaliser les générations montantes.
Une autre revendication récente qui fait sourciller est celle des joueurs pathologiques, qui réclament à bon droit d'être dédommagés par l'État pour suivre une thérapie salvatrice. On comprend mal que, du même souffle, ils exigent qu'on fasse disparaître les casinos, les salons de jeux et la moindre machine de loterie vidéo du paysage. Autant d'intransigeance poussée à l'extrême reviendrait à exiger qu'on ferme les débits de boissons pour éviter de tenter les accrocs de la dive bouteille, ou encore qu'on interdise les bars de danseuses pour épargner les dépendants du sexe. «Aide-toi et le ciel t'aidera» enseigne le proverbe. À l'heure où Internet multiplie son offre de jeux en ligne, il va falloir que les joueurs compulsifs rentabilisent davantage leur thérapie afin de contrôler leurs pulsions ruineuses.
Enfin, que dire de la récente sortie publique de l'organisme Forêt y voir, qui s'oppose à tout développement résidentiel sur des terrains forestiers de la ville de Québec. Pourtant, ces projets proposent de préserver des espaces verts. Pareil entêtement ne peut que repousser l'étalement urbain dans la couronne nord de villégiature et on ne se trouve pas plus avancé…
Revendications de société gâtée
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