Heureux de revenir à sa passion, la scène, l’artiste originaire du quartier Saint-Sacrement s’arrêtera dans la région, guitare à la main, prenant ainsi un virage musical. Les transitions sonores ont été mises de côté pour faire place à de vrais musiciens, le guitariste, Nicolas Guimont, ainsi que Jean-François Valade à la contrebasse. Une idée née il y a deux ans, lors des numéros d’Humour à la carte du Festival Juste pour rire. «Sans devenir une prestation musicale», rassure François Léveillée, le spectacle valsera entre les monologues humoristiques, des interactions entre les trois acolytes et quelques chansons thématiques. Un mélange nouveau, divisé en deux parties de 50 minutes, se voulant énergique et dynamique.
Comme à l’habitude, plusieurs personnes rendront visite à l’humoriste ajoutant ainsi une touche de variété aux numéros. Les personnages auront, cependant, évolué depuis la dernière tournée, en 2005. Après avoir discuté de carrières, de pouvoir et de santé, l’éternel Cashflow sera préoccupé par son couple. «Il y a beaucoup de baby-boomers se retrouvant devant le syndrome du nid vide actuellement, explique François Léveillée. La découverte du couple une fois les enfants partis et la retraite bien installée amènent plusieurs divorces.» C’est d’ailleurs, ce qui poussera Cashflow à consulter un psychologue.
Friand de thèmes universels, l’artiste comique abordera le sujet des accommodements raisonnables. «Le gouvernement ne veut pas se prononcer sur le sujet. Ça va prendre un courage politique, ce n’est pas un dossier réglé», commente M. Léveillée, ramenant l’animateur de pastorale, Aimé D’Amour, dépassé par les événements et l’apparition de nombreuses religions autres dans notre monde laïque. Les spectateurs auront aussi la chance d’apercevoir sur scène le directeur d’école, Édouard Blanchet, en pleine gestion des communautés ethniques. «Les personnages permettent de faire le portrait d’une situation rejoignant ainsi beaucoup de monde, le tout sans devenir clownesque. Quelques fois, le costume tue le personnage», précise M. Léveillée. Pour cette raison, la métamorphose s’effectue sur scène.
Toujours aussi engagé, le monologuiste abordera la difficile adaptation des nouveaux arrivants dans la culture québécoise et critiquera la séparation géographique imaginaire entre Montréal et le reste du Québec. Sa vie personnelle et l’actualité sont ses principales sources d’inspiration.
Après plus de 225 spectacles complétés lors de sa troisième tournée, en 2005, François Léveillée s’est retiré de la scène pour trouver de nouvelles idées. La mise en scène et son travail de scripteur lui a permis, d’abord, de se ressourcer, mais aussi de voir ce que font les jeunes talents. «Deux tendances se chevauchent actuellement, l’humour absurde et de type contenu. Moi, je suis partagé parce que j’aime la variété, les personnages et les sujets de fond», explique le gagnant de plusieurs prix, dont le coup de chapeau 2001 au Gala des Oliviers. Qualifiant son travail toujours en progression constante, l’humoriste souhaite intéresser le plus grand public possible. Issu de l’école d’Yvon Deschamps à ses débuts, l’humoriste a su garder son style d’écriture court, propre à lui, composé d’un fil conducteur et d’une conclusion, qu’il mettra à profit dans le cadre de sa nouvelle tournée.
