Sur les berges du Saint-Laurent, des promeneurs découvrent des restes d’engin militaire. S’agit-il d’une bombe? Est-ce encore dangereux? Quand ces situations surviennent, les techniciens en munitions des Forces armées canadiennes dont fait partie le sergent Sébastien Janvier sont appelés sur les lieux.
Le métier qu’exerce le sergent Janvier reste largement méconnu, tellement que même au sein des forces armées, ses collègues et lui ne représentent même pas 200 personnes sur les 65 000 militaires que compte l’armée. Seules les forces terrestres comptent dans leurs rangs des techniciens en munitions; l’air force et la marine n’en ont pas. De plus, il faut être recommandé par un officier pour pouvoir suivre la formation nécessaire qui, elle, n’est dispensée qu’en anglais.
Pourtant, ces obstacles n’ont pas empêché le militaire résident de Sainte-Foy de passer des blindés aux munitions il y a près de 10 ans. À l’époque, le jeune caporal avait fait presque tous les métiers liés aux chars et il avait l’impression de s’entraîner pour quelque chose qui n’arriverait jamais – c’était avant l’Afghanistan, une époque où les soldats canadiens croyaient la plupart du temps qu’ils n’iraient pas à la guerre.
Les munitions, les explosions et tout l’aspect de la sécurité qui vient avec ont alors conquis Sébastien Janvier. Après sept ans dans les Forces et sans garantie de retrouver son poste dans les blindés en cas d’échec, il est parti pour Borden pour suivre son cours de technicien en munitions… et pour réaliser qu’il devait améliorer son anglais de toute urgence.
«Les gens pensent à tors que les munitions, c’est super dangereux. On pourrait passer sur un bloc de C4 en camion qu’il n’exploserait même pas» - Le sergent Sébastien Janvier
Le premier constat du sergent Janvier a de quoi surprendre le néophyte : les munitions, c’est sécuritaire! «Les munitions, quand tu connais ça, tu réalises qu’il y a tellement de sécurités là-dessus que quand il y a un accident, c’est qu’il a été causé par l’utilisateur. Les gens pensent à tors que c’est super dangereux. On pourrait passer sur un bloc de C4 en camion qu’il n’exploserait même pas», résume le militaire.
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