En moins de trois ans, le taux de diversion des matières résiduelles sur le territoire de la CMQ comprenant l'agglomération de Québec et les MRC de la Jacques-Cartier, de la Côte-de-Beaupré et de l'Île d'Orléans, est passé de 22% à 43%. Les matières détournées de l'enfouissement ou de l'incinération sont ainsi passées de 60 221 tonnes à 111 243 tonnes entre 2005 et 2007.
«Les résultats sont satisfaisants, mais nous en sommes rendus à une étape cruciale. Estime Raymond Dion, vice-président de la commission environnement de la CMQ. La partie la plus difficile pour 2009 c'est celle qui concerne les matières organiques. Et le nerf de la guerre, c'est le coût important pour mettre en place un système efficace de collecte et de traitement.»
Dans les faits, l'objectif de 60% de valorisation a été dépassé pour le papier, le carton et le verre. Pour ce qui est du plastique, le bilan s'établit à un peu moins de 40%.
«Ce n'est pas par manque de volonté de la population ou des autorités municipales, mais il n'y a pas de marché pour ces produits et il n'y a pas de financement», souligne la directrice et coordonnatrice du plan de gestion des matières résiduelles de la Ville de Québec, Michèle Goyer.
Signalons que les coûts de la gestion des matières résiduelles pour l'ensemble de la CMQ sont passés de 33,6M$ en 2002 à 44,9 M$ en 2007. En considérant les redevances reçues pour cette période en vertu des lois 102 et 130 totalisant 6 M$, la hausse s'établit à 5,3 M$.
Accompagné des trois préfets des MRC, Raymond Dion a d'ailleurs profité du déclenchement de la campagne électorale provinciale pour livrer un message aux candidats, notamment en ce qui concerne les défis à venir pour les matières organiques.
«Nous demandons au gouvernement de nous accompagner et de mettre des sous à notre disposition pour cette étape importante dans la mise en œuvre du Plan de gestion des matières résiduelles», affirme-t-il.
Ce dernier estime qu'au moins 35 M$ seraient nécessaires pour mettre en place un système efficace de compostage à grande échelle, excluant les coûts liés à la collecte. Mais si la volonté est là, le choix de la technologie qui sera implantée à Québec n'est pas encore arrêté.
«Nous avons visité des installations à Toronto et Hamilton, mentionne Raymond Dion. Et il y a aussi des choses très intéressantes qui se font en Europe et même au Japon où un centre de traitement organique a été implanté en plein cœur d'un quartier résidentiel.»
Les représentants de l'agglomération de Québec ne cachent pas que la résistance de la ville de L'Ancienne-Lorette à passer aux gros bacs de recyclage (365 litres) a des effets négatifs sur la performance globale en matière de récupération. «Nous n'avons pas de données chiffrées, mais à partir du moment où on implante les gros bacs, il y a une augmentation de 40% par foyer», affirme Michèle Goyer.


