Quel désastre pour ce pays qui n'est jamais parvenu à connaître la paix et la sérénité que tout peuple qui se respecte est en droit de réclamer. Enclavés jusqu'en 1986 sous le régime de terreur de Papa Doc, du fils Duvalier et de leurs Tontons macoute, les Haïtiens ne parviennent pas à sortir la tête de l'eau. Après des années de régime de terreur, de cataclysmes naturels à répétition, voilà que la terre a réussi à détruire une bonne partie du peu de structures que contenait encore la capitale de ce pays ensoleillé.
Les images qui parviennent depuis mardi soir aux téléspectateurs de l'ensemble de la terre sont parois insoutenables. Des gens qui n'ont rien perdent tout. Les voilà blessés, tentant tant bien que mal de porter secours à ceux qui sont le plus touchés et à enterrer leurs milliers de morts. Les secours s'annonçaient difficiles au lendemain de la première secousse. Sous une chaleur accablante, les cadavres qui sont découverts ici et là sous les structures affaissées sont retirés un à un, avec les moyens du bord, le pays étant dépourvu, pour ainsi dire totalement, en équipements de secours.
Haïti est un pays sans ressources, qui a connu un développement anarchique. Aucun pays ne s'intéresse à ce coin du monde qui n'a rien à offrir. Sans pétrole ou autre richesse à exploiter, ce peuple est destiné à demeurer là où il est, c'est-à-dire avec bien peu de moyens. Les pays du monde entier ont été cette semaine sensibilisés à ce terrible coup qui a frappé Haïti. Bien sûr il y a de l'aide humanitaire qui parvient d'un peu partout. On ne peut tout de même pas regarder crever un peuple tout entier en direct à la télévision. La grande communauté internationale va montrer de quoi elle est capable tant et aussi longtemps que les cameras seront «on air» à Port-au-Prince. Mais qu'adviendra-t-il lorsque les équipes de télévision quitteront, faute de téléspectateurs qui seront retournés sagement à leurs téléréalités préférées?
Cette catastrophe aura par ailleurs permis de rappeler que des efforts pour redonner une certaine fierté au peuple haïtien sont quand même consentis par des organisations humanitaires. On a ainsi rappelé que depuis près de 15 ans, quelque 80 policiers de Québec sont allés porter main forte à tour de rôle en Haïti pour rétablir une paix ma foi toujours fragile, mais tout de même grandissante. Cinq membres du Service de police de Québec étaient d'ailleurs sur place mardi soir. Après quelques heures d'inquiétude, les cinq policiers ont été localisés, en bonne santé. Dès lors, ils sont devenus des secouristes et participent depuis à rétablir, tant bien que mal, une vie normale, dans la mesure du possible, aux habitants de l'île.
Espérons aujourd'hui que la mort de ces milliers d'Haïtiens et que le malheur dans lequel sont plongés les millions d'autres parviendront à sensibiliser les peuples de la terre, voire les dirigeants des super puissances mondiales, à supporter ce peuple et combien d'autres dans le monde. Faute d'avoir pu voir le jour dans un pays riche comme le nôtre, les Haïtiens redeviendront-ils, dans quelques semaines ou dans quelques mois, négligés par leurs frères du reste de la planète?
À nos amis haïtiens
- Nombre de fois lu : 521
- Coter
- Haut de page
