Monsieur le premier ministre, comme tous les Québécois, je suis informé des sérieuses allégations de corruption qui planent au dessus de votre gouvernement et plus particulièrement au dessus de votre tête. Ces graves soupçons minent votre intégrité et votre capacité à poursuivre votre mission au sein de l’état. Voilà pourquoi il importe que vous sachiez ce que le peuple pense de votre administration, la plus honnie de l'histoire du Québec contemporain.
L'attribution des places en garderies, les malversations dans la construction et la proximité avec le crime organisé, le scandaleux budget de votre ministre des Finances qui épargne vos amis les mieux nantis, le trou de 40 G$ à la Caisse de dépôt, le détournement du programme FIER, les indécentes primes de séparation versées aux pires administrateurs que la caisse de dépôt ait connus, additionnés aux récentes révélations de votre Ex Ministre de la justice démissionnaire, jettent un lourd discrédit sur l'ensemble de votre gouvernement et plus particulièrement sur votre tête.
A tord ou à raison, toutes ces allégations ajoutées à votre refus entêté de faire toute la lumière en convoquant une commission d’enquête publique TOTALEMENT indépendante immédiatement, font que le lien de confiance avec la population est rompu.
Votre réponse, alambiquée et particulièrement malhabile fournie à Me Bellemare met en évidence une volonté certaine de diriger ce débat dans un sens qui vous convient mais qui ne coïncide malheureusement pas avec l'intérêt supérieur du peuple Québécois. Une commission d’enquête sur le financement du parti libéral du Québec et sur l'administration de la justice s’impose et nous l'aurons, avec ou sans votre aval.
Personne n'est au-dessus des lois. Souvenez vous du général Pinochet. Vous ne pouvez impunément tourner en dérision la fonction de Premier Ministre, comme vous le faites actuellement en tentant de «noyer ce poisson» dont l'odeur de pourriture envahit l'Assemblée nationale. Par cette stupide stratégie de défense, vous ne faites que confirmer ce que nombre de Québécois pensent dans le secret de leurs chaumières. Votre entêtement à refuser que lumière soit faite équivaut à un aveu de votre part.
En conséquence, je vous demande bien respectueusement de déclencher dans les meilleurs délais une commission d’enquête publique présidée par un jury de citoyens n'ayant pas trempé dans la corruption libérale afin d'établir les faits. À défaut, votre crédibilité est aussi nulle que votre légitimité et la seule issue possible demeure votre démission en attendant que le peuple décide de votre sort.
Avec le ferme espoir qu'un sursaut de lucidité vous fasse enfin comprendre où se situent vos intérêts, je vous prie d’agréer, M. le premier ministre, l'expression de mes sentiments de moins en moins distingués.
Un geste décent pour faire changement
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