«Compte tenu du contexte économique inquiétant et des nombreux défis auxquels sont confrontés les employeurs du Québec, le CPQ espère que la partisannerie sera laissée de côté au lendemain du scrutin et que les meilleures idées seront mises en œuvre par le nouveau gouvernement, quel qu’il soit», a déclaré le président du CPQ, Michel Kelly-Gagnon.
Trois bonnes idées...Toute baisse d’impôt constitue un pas dans la bonne direction et le CPQ se réjouit donc de constater que le Parti libéral du Québec (PLQ) propose de poursuivre dès 2009 l’allégement du fardeau fiscal des particuliers. Avec son engagement de diminuer de 136 millions de dollars les impôts des contribuables dès l’an prochain, le pouvoir d’achat des Québécois s’en verrait renforcé dans un contexte économique où ils en ont bien besoin.
Le CPQ voit également d'un bon œil la proposition de l'Action démocratique du Québec (ADQ) visant à permettre aux médecins de pratiquer à la fois dans les secteurs public et privé de santé. La situation actuelle du système – qui requiert une part toujours croissante des dépenses publiques et qui peine à soigner en temps opportun – interpelle les entreprises non seulement en tant que contribuables, mais aussi, et surtout, en tant qu'employeurs qui doivent pouvoir compter sur une main-d’œuvre en santé. À terme, la mesure proposée par l’ADQ devrait permettre d’augmenter l'offre de soins et de diminuer les temps d'attente.
Le CPQ apprécie particulièrement la position du Parti québécois (PQ) en matière de fiscalité des entreprises, et en particulier la proposition d’accélérer le calendrier d’élimination de la taxe sur le capital en l’abolissant complètement dès 2009. Rappelons que la taxe sur le capital frappe les entreprises, qu’elles réalisent des profits ou non, et que son élimination complète en ces temps d’incertitude économique pourrait avoir un effet bénéfique sur les investissements privés, le taux d’emploi et les salaires.
«Quelle que soit la couleur du prochain gouvernement, ces trois idées devraient être examinées à leur mérite et mises en place rapidement au lendemain de l’élection», insiste le président du CPQ.
Par ailleurs, la promesse libérale d’augmenter le salaire minimum d’un dollar d’ici mai 2010 présente des risques. Le CPQ appuie le principe d’une hausse du salaire minimum, mais souhaiterait que cette hausse soit étalée sur une plus longue période. Si la proposition actuelle était mise en application, le salaire minimum aura augmenté de 18,7 % en 25 mois.
Le CPQ s’inquiète également de la proposition de l’ADQ concernant le rapatriement du programme de l’assurance-emploi. En effet, le coût de cette proposition s’élèverait à environ 800 millions de dollars pour le Québec puisque, à l’heure actuelle, le programme transfère d’importantes sommes vers le Québec où le taux de chômage est malheureusement plus élevé.
Enfin, le CPQ est déçu de voir le PQ renouer avec l’idée d’un gel « temporaire » des droits de scolarité universitaires, une mesure du passé qui met en péril le financement des universités, qui forment les travailleurs qualifiés dont les employeurs ont besoin dans le contexte actuel de pénuries de main-d’œuvre.
«Encore ici, peu importe qui formera le prochain gouvernement, les risques associés à ces trois propositions sont suffisamment élevés pour qu’elles soient mises au rancart au lendemain de l’élection», a soutenu M. Kelly-Gagnon.
Le CPQ espère par ailleurs que le débat des chefs sera l’occasion pour chaque parti de faire ressortir la cohérence de leur programme économique respectif. «On a assisté jusqu’à maintenant à une longue série d’annonces qui gagneraient à être placées dans un cadre clair et cohérent de l’avenir économique du Québec. Nous espérons que les partis saisiront l’occasion offerte par le débat des chefs pour présenter leurs visions respectives», conclut M. Kelly-Gagnon. * (Source : Conseil du patronat du Québec - CPQ)