Le Dr Thomas fait le parallèle avec la pandémie de grippe A (H1N1) : la grippe a fait 8000 morts depuis le début de la propagation; le VIH en fait 6000… chaque jour!
Selon lui, il y a eu un recul au niveau de la prévention, principalement pour des raisons financières.
Pourtant, la trithérapie au Québec coûte au bas mot 100 M$. Pour la prévention, on n’en avance qu’une infime partie, soit 1 M$ environ. En agissant en amont, les sommes déboursées pour la trithérapie seraient moindres, croit-on.
Selon le docteur, il faut recommencer à informer les jeunes de 18-20 ans, qui n’ont parfois pas entendu parler du sida, «à part en Afrique». «Il y a 8-10 ans, quand la trithérapie est arrivée, on a arrêté de parler du VIH.»
Ainsi, c’est 150 à 200 nouveaux patients qui reçoivent la trithérapie au Québec, chaque année.
Les recherches ont démontré qu’une personne sur 200 ou 300 ne peut être infectée par le virus du VIH. «On veut savoir un peu leur secret», indique Jean-Pierre Routy, de l’hôpital Royal-Victoria. La difficulté est «financière» et «politique», ajoute-t-il. La clé du problème réside dans une thérapie génique. En modifiant un gène, on pourra peut-être faire en sorte que cette personne intouchable par le VIH ne soit plus une exception. Les recherches sont très couteuses et complexes et les résultats ne sont pas attendus avant dix ans.
Lucie Deshaies, du CLSC-CHSLD Haute-Ville-des-Rivières, est d’avis qu’on assiste à un recul lorsqu’il est question du VIH. Il n’y a pas moins de ressources, mais comme il y a plus de patients, en fin de compte, «on est perdant», résume-t-elle. De plus, les sites d’injections sécuritaires envisagés à Montréal et Québec – qui ne verront probablement pas le jour – auraient contribué à la lutte contre le VIH, soutient Mme Deshaies.
Avec le H1N1, les professionnels de la santé ont été réquisitionnés, remarque Réjean Thomas. Idem pour les grosses sommes qui vont à la lutte à la grippe et non pas à la lutte contre le VIH et aux campagnes de sensibilisation. Il souhaite d’ailleurs que l’on parle plus souvent du SIDA, et non seulement à la même date chaque année. On soulignera demain la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.
