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Traumatismes crâniens : des séquelles motrices peuvent persister



Publié le 19 Janvier 2010
Publié le 7 Mai 2010
 

Même après une guérison apparemment complète

Même après avoir recouvré une vitesse de marche normale, les victimes de traumatismes crâniens n'ont pas forcément récupéré toutes leurs fonctions locomotrices, selon une étude supervisée par Bradford McFadyen, de l’Université Laval, et publiée récemment dans la revue scientifique Archives of Physical Medicine and Rehabilitation.

Sujets :
Centre interdisciplinaire , Université Laval , Institut de réadaptation , Québec

L’équipe du professeur McFadyen a comparé la mobilité de 11 personnes ayant subi un traumatisme crânio-cérébral (TCC) modéré ou sévère à celle de 7 sujets d'âge et de physique comparables exempts de problèmes neurologiques. Les fonctions locomotrices des sujets du groupe « TCC » étaient apparemment rétablies et certains avaient recommencé leurs activités normales au moment où ils ont pris part à l'étude.

Dans un laboratoire spécialement équipé à cette fin, les sujets des deux groupes devaient compléter en marchant un parcours sur lequel les chercheurs pouvaient installer différents obstacles et créer des interférences visuelles ou auditives. «Nous voulions reproduire en laboratoire les conditions vécues en situation réelle lorsqu'une personne se déplace et que son cerveau est accaparé par plusieurs tâches simultanément», souligne Bradford McFadyen, également chercheur au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS).

Les tests effectués par les chercheurs montrent que, dans une situation simple où il n'y a ni obstacle, ni interférence sensorielle, les capacités locomotrices des sujets des deux groupes s'équivalent. Par contre, dans le groupe «TCC», la vitesse diminue et le temps de réponse augmente lors des tests avec obstacles ou interférences sensorielles. De plus, la distance entre le pied et l'obstacle à enjamber est plus faible chez les sujets du groupe «TCC». «Nos résultats suggèrent que même si les victimes de traumatisme crânien modéré ou sévère semblent avoir recouvré leurs capacités locomotrices générales, des séquelles peuvent subsister», résume le professeur McFadyen. «Cela peut avoir des conséquences si les personnes affectées évoluent dans un environnement physique complexe – une usine, par exemple – ou se livrent à des activités exigeantes sur le plan locomoteur, tel un sport», ajoute le professeur.

Test en vue

Bradford McFadyen et ses collaborateurs souhaitent maintenant mettre au point un test locomoteur simple, applicable en clinique, qui permettrait aux travailleurs de la santé de mieux évaluer la capacité d’une personne victime d’un traumatisme crânien à reprendre ses activités normales. Au Québec seulement, plus de 5 000 personnes sont victimes d’un traumatisme crânien chaque année. Près de 40 % de ces traumatismes surviennent lors d’accidents de la route.

Outre Bradford McFadyen, les signataires de l’étude sont : Philippe Fait, Université Laval; Jean-François Cantin, Guylaine Duchesneau et Denyse Dumas, Institut de réadaptation en déficience physique de Québec; Bonnie Swaine et Julien Doyon, Université de Montréal. * (Source : Département de réadaptation et CIRRIS, Université Laval)

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