C’est du moins ce qu’on peut déduire des observations de la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier (CBJC) qui, avec l’appui du Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), a fait le suivi de la qualité de l’eau de plusieurs rivières et ruisseaux des MRC de Portneuf et de la Jacques-Cartier l’été dernier.
Au total, neuf cours d’eau (ruisseaux des Prairies et Bourgoin, à Cap-Santé; ruisseau Dansereau et rivière Chaude, à Pont-Rouge; rivière Noire et ruisseau Saint-Denys-Garneau, à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier; ruisseau Lady-Brook, à Shannon ; ruisseaux du Moulin et Tintin, à Stoneham-et-Tewkesbury) ont été échantillonnés à intervalle régulier tout au long de la saison estivale 2009.
Ce vaste programme d’échantillonnage a permis d’acquérir des connaissances sur la qualité des eaux de différents tributaires de la Jacques-Cartier afin de dépister d’éventuelles problématiques de pollution. Une campagne d'échantillonnage sur le lac Saint-Joseph s’ajoute à la liste.
«En 2006 on a dressé un état de santé du lac Saint-Joseph. Suite à ce bilan, les municipalités du tour du lac [Fossambault-sur-le-Lac, ville de Lac-Saint-Joseph et Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier] ont signé un accord conjoint pour améliorer la qualité des eaux du lac et procèdent à l’évaluation des espèces envahissantes. Malheureusement, l’amélioration de la situation concernant les cyanobactéries ne sera pas visible à court terme. On parle de très long terme. Il y a tellement de choses à faire, mais, au moins, les gens sont conscientisés», explique Frédérique Schmidt, conseillère scientifique et responsable du plan directeur de l’eau à la CBJC.
La Corporation du bassin de la Jacques-Cartier a mis en place un plan d’action orienté selon trois axes l’été dernier : la sensibilisation, la surveillance et une campagne de distribution d’arbres. «Les arbres permettent de créer une bande riveraine. Ils permettent de consolider les rives et aident à l’absorption des éléments nutritifs, ce qui fait qu’il y en a moins qui se retrouvent dans le lac», assure la scientifique. De plus, le réseau d’observateurs riverains volontaires, qui comptait d’ailleurs de nouveaux membres, a permis de signaler les apparitions de cyanobactéries aux autorités compétentes. La situation n’est pas rose. «Beaucoup de résidents nous disent que chaque année, c’est de pire en pire et qu’ils ont observé une dégradation», mentionne Frédérique Schmidt. Il reste que la responsable du plan directeur de l’eau à la CBJC garde espoir de voir les cyanobactéries reculer. «Elles sont toujours là, il y en a dans toutes les eaux. Le problème existe depuis longtemps, mais tout d’un coup tout le monde le voit. On en a enfin pris conscience et c’est ce qui permettra d’améliorer la situation.»
