«Bien que CI soit un organisme voué à la conservation, nous comprenons que la pression pour le développement soit grande, autant sur les milieux naturels que sur les autres habitats, par exemple, les terres agricoles. Nous ne nous opposons donc pas au développement du territoire, au contraire. Nous souhaitons toutefois qu’il se fasse de façon ordonnée et en connaissant ses impacts, notamment sur les milieux humides. C’est pourquoi nous travaillons à la mise en place d’un développement intégré et dans le meilleur intérêt de tous. Et la meilleure façon d’y arriver, c’est d’abord par la connaissance», a déclaré Bernard Filion, directeur de Canards Illimités au Québec.
Les outils élaborés par CI permettent d’agir en amont et d’éviter les conséquences parfois coûteuses de certains travaux d’aménagement. C’est en ce sens que CI annonce notamment qu’il a produit de nouveaux Plans régionaux de conservation des milieux humides, dont celui de la Capitale-Nationale. S'ajoutent également une cartographie des milieux humides et aquatiques réalisée à partir des cartes écoforestières et, prochainement, une cartographie détaillée des milieux humides pour les basses-terres du Saint-Laurent.
«En ayant facilement accès à ces outils, il n’y a aucune raison pour que les développeurs et les aménagistes ne prennent pas en compte les milieux humides dans leurs plans. Tout le monde est gagnant d’un développement bien planifié», a poursuivi M. Filion qui a tenu à rappeler les effets néfastes de la disparition des milieux humides : modification du débit des cours d’eau, inondations, érosion et pertes de sols, problèmes d’approvisionnement en eau potable, dégradation des plans d’eau, mortalité des poissons et disparition de certaines espèces à statut précaire. «Il faut viser à ce que le développement du territoire génère un minimum d’impacts et de coûts pour la collectivité grâce à une planification adéquate et efficiente.»
La région administrative de la Capitale possède maintenant son Plan de conservation des milieux humides, un outil indispensable pour développer le territoire de façon durable. Ce plan, simple et accessible, contient un diaporama interactif illustrant la localisation et la situation des milieux humides, ainsi que diverses sources de renseignements disponibles, un texte descriptif du territoire présentant une analyse plus détaillée des milieux humides par grands ensembles, par MRC et par bassins versants et une description sommaire des principales perturbations qui affectent ces milieux naturels en faisant ressortir les conséquences de leur dégradation ou de leur disparition. Le plan régional contient également une cartographie des milieux humides de plus d’un hectare pour la géomatique.
Milieux humides dans la région de la CapitaleSelon CI, la région de la Capitale possède près de la moitié des importants marais intertidaux (qui subissent l’influence des marées) à scirpe d’Amérique de l’estuaire du Saint-Laurent, un habitat concentré surtout dans le secteur entre Québec et le Cap Tourmente et particulièrement important, notamment pour la migration de la grande oie des neiges. On y trouve également de rares érablières argentées dans le secteur de Grondines. Les milieux humides, qui couvrent plus de 40 000 hectares, représentent 2 % de la superficie de la région administrative. «La majorité des milieux humides sont constitués de petits marécages, marais et tourbières dans le relief accidenté du massif des Laurentides, le plus souvent en bordure de lacs ou de rivières. On trouve également plusieurs tourbières alimentées uniquement par les eaux de précipitation dans la portion de la région faisant partie des basses-terres du Saint-Laurent. Des pressions exercées par l’urbanisation, par la circulation maritime, par le broutement intensif des oies et par les changements climatiques sont à l’origine des principales perturbations affectant les milieux humides du couloir du Saint-Laurent», observe-t-on. «Il fallait se doter de tels outils de conservation puisque la méconnaissance tant de l’important rôle des milieux humides que de leur localisation a conduit à leur dégradation dans plusieurs endroits du Québec, avec parfois des conséquences coûteuses. Au Québec comme ailleurs, les régions urbaines ont vu disparaître jusqu’à 70 % des milieux humides qui s’y trouvaient à l’origine. Plusieurs d’entre eux nécessitent d’ailleurs d’être restaurés puisqu’ils procurent gratuitement des biens et services écologiques à la collectivité tout en étant des sources de diversité biologique», a conclu M. Filion.
On peut consulter ces nouveaux outils ou faire la demande des données géomatiques directement sur le site www.canardsquebec.ca


