«Il a sûrement été influencé par quelqu'un»

-Alain Marcoux, grand-oncle d'Alexandre Bissonnette


Publié le 30 janvier 2017

Alexandre Bissonnette fait face à 11 chefs d'accusation.

©Photo tirée de Facebook

DRAME. «C'est un p'tit gars bien élevé qui n'a jamais eu de problèmes. Il a sûrement été influencé par quelqu'un.»

Ce sont les premières paroles qu'a exprimées, lorsque rencontré par TC Media, Alain Marcoux, grand-oncle d'Alexandre Bissonnette, le présumé responsable de la fusillade dans une mosquée de Québec qui a fait six morts et une vingtaine de blessés dimanche soir.

M. Marcoux fait face aujourd'hui à l'incompréhensible, comme tous les autres membres de sa famille. Alexandre, dit-il, a toujours eu un comportement normal. Jamais il ne se serait douté, lorsqu'il l'a vu la dernière fois, en aout dernier, qu'il pouvait commettre un tel acte.

«C'est un drame. Je suis complètement dévasté…», laisse-t-il tomber, les larmes aux yeux et les trémolos dans la voix.

Il explique que son petit neveu est issu d'une «très bonne famille» qui lui a donné tout ce dont il avait besoin.

«Il a reçu une belle éducation et n'a jamais manqué de rien», indique-t-il, faisant savoir au passage qu'il demeurait depuis un certain temps avec son frère jumeau.

M. Marcoux dit n'avoir jamais ressenti dans les dernières années une pointe de racisme dans les propos d'Alexandre.

«Chaque fois que je le voyais, je jasais avec lui et c'était agréable. Il venait deux à trois fois par année à Drummondville visiter sa grand-mère, ma sœur.»

Cette dernière demeure tout juste à côté de M. Marcoux. Il lui a appris, bien malgré lui, la terrible nouvelle cet après-midi.

«Lorsque je me suis levé ce matin et j'ai vu que son auto n'était pas dans la cour, j'ai cru qu'elle était partie à Québec voir sa fille (la mère d'Alexandre). Vers 15 h 30, je l'ai tout d'un coup aperçue… elle était partie magasiner. Je suis donc allé la voir et lui ai dit : "Tu es au courant du drame?". Elle ne le savait pas…», raconte-t-il, soulignant qu'il fera du mieux qu'il peut pour soutenir sa sœur atterrée.

Il dit vivre un cauchemar depuis ce matin.

«Ma femme et moi n'y croyions pas lorsque nous avons entendu son nom aux nouvelles. Lorsque j'ai vu la maison de ma nièce à la télé, je me suis mis à l'évidence», expose-t-il, l'air désolé.

Si M. Marcoux a gentiment ouvert à l'auteure de ses lignes ainsi qu'au photographe la porte de sa demeure pour se confier, il a cependant refusé toute prise de photo de lui et de sa famille.

Alexandre Bissonnette a été formellement accusé lundi, en fin de journée, au palais de justice de Québec. Il fait face à 11 chefs d'accusation, six de meurtre prémédité et cinq de tentative de meurtre, pour l'attaque terroriste perpétrée dans une mosquée de Québec. La Gendarmerie royale du Canada a affirmé qu'il pourrait éventuellement faire face à d'autres accusations.

M. Marcoux dit n'avoir jamais ressenti dans les dernières années une pointe de racisme dans les propos d'Alexandre.

©Photo tirée de Facebook