« C’est un véritable héros »

Hommage à Azzeddine Soufiane


Publié le 1 février 2017

FUSILLADE. Le vice-président du Centre culturel islamique de Québec espère qu’il sera nommé « héros national ». Sans Azzeddine Soufiane, un épicier et boucher bien connu des musulmans de Québec, il y aurait eu plus de morts dimanche soir, croit Mohamed Labidi.

« Il a diminué le nombre de victimes avec son corps ». La voix nouée par les larmes, le vice-président du Centre culturel islamique de Québec a livré un vibrant hommage à l’une des six victimes de l’attentat de dimanche, Azzeddine Soufiane. Alors qu’il aurait pu rester à l’abri du tireur, il a plutôt couru vers lui pour tenter de le désarmer, a assuré Mohamed Labidi, en retraçant la manœuvre jusqu’à montrer l’endroit encore taché de sang où le marocain de 57 ans est tombé sous les balles. « C’est un véritable héros », a-t-il répété, en sanglots.

Azzeddine Soufiane était un homme généreux, a poursuivi le vice-président, en insistant qu’il l’a été « jusqu’au dernier moment de sa vie; jusqu’à la dernière seconde de sa vie ».

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Les témoignages recueillis au cours des derniers jours ont majoritairement dépeint la victime comme quelqu’un qui avait beaucoup fait pour aider les nouveaux arrivants à s’intégrer. « Il a fait son commerce et avec ce commerce, il aidait les autres : ceux qui [arrivaient] au Canada », a résumé Mohamed Labidi.

Diplômé sans travail

Or, s’il était devenu épicier, c’est qu’il n’avait pas pu trouver d’emploi après un doctorat en géologie, a souligné le fidèle, Ahmed El Gandouri, qui s’est joint au vice-président pour rendre hommage à Azzeddine Soufiane.

Le drame qui touche la communauté musulmane de Québec soulève aussi celui des préjugés attribués à l’islam, a fait valoir Mohamed Labidi, qui a mentionné s’être retenu d’en parler jusque-là « parce que ce n’était pas vraiment le moment ».

Parmi les « professionnels qui ne trouvent pas d’ouvrage », l’épicier Soufiane « était un cas », a résumé Ahmed El Gandouri, que M. Labidi a secondé en faisant valoir que les détenteurs de maîtrises et de doctorats sont nombreux derrière les volants de taxis de Québec.

D’une même voix, MM. Yangui et Labidi ont répété leur message d’inclusion, en évoquant notamment le rôle des médias qu’ils ont invité à tenir des propos « modérés ». « Le terrorisme est collé à l’islam », a dénoncé le vice-président du Centre culturel islamique en plaidant qu’« il faut arrêter de coller cette étiquette ».

Les six personnes qui ont perdu la vie dans l’attentat de Québec sont Mamadou Tanou Barry et son frère Ibrahima, originaires de la Guinée; Abdelkrim Hassane et Khaled Belkacemi, tous deux d’Algérie; Aboubaker Thabti de Tunisie et Azzeddine Soufiane du Maroc.

TC Media