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Le camp de vacances de la diversité

Kéno construit l’adulte de demain


Publié le 12 août 2017

Pas de préjugés, de stéréotypes ou de racisme, seulement un groupe uni.

©(Photo gracieuseté)

SOCIÉTÉ. En réaction à l’attentat survenu le 29 janvier à la Mosquée de Québec, François Vézina, directeur général de Kéno, a senti le besoin de «réagir à la démagogie envers les minorités visibles».

Sept jeunes filles et leurs deux monitrices réunies sur le bord de l’eau.
(Photo gracieuseté)

Les images parlent d’elles-mêmes: des moniteurs québécois posent sur le bord du lac avec une brochette de jeunes enfants souriants provenant des quatre coins du monde. Pas de préjugés, de stéréotypes ou de racisme, seulement un groupe uni. Des moments à insérer dans leur bagage de vie.

En entrevue, un DG très satisfait a procédé au bilan de l’expérience qui vient de se conclure: «Des jeunes de toutes les origines ethniques, et de tous les milieux, se sont trouvés en pleine nature pour développer leurs relations interpersonnelles et interculturelles. Ce fut très constructif», explique celui qui rappelle la mission de tous ses camps estivaux: former l’adulte de demain.

Travaillant dans les camps de jour, camps de vacances et dans le domaine public depuis belle lurette, M. Vézina a observé le comportement des citoyens en la présence de personnes immigrantes. Heureusement, la grande majorité s’est avérée très accueillante et ouverte d’esprit. Toutefois, il a aussi remarqué certaines «réactions négatives», ce qui l’a grandement chicoté.

«Nous ne pourrons jamais changer les mentalités fortement ancrées chez les adultes. Par contre, ce que nous pouvons changer, c’est la perception de nos futurs adultes, c’est-à-dire nos enfants d’aujourd’hui», déclare-t-il.

Ce geste positif, ce signal fort, a permis de faire vivre une expérience très formatrice à des jeunes de partout.

François Vézina, directeur général de Kéno

Les enfants ont eu énormément de plaisir.
(Photo gracieuseté)

Sa réflexion citoyenne l’a incité à offrir gratuitement un séjour d’une ou deux semaines de camp à de jeunes enfants de plusieurs origines ethniques. Du groupe, certains musulmans ont été touchés, de près ou de loin, par la tragédie ayant coûté la vie à six personnes qui étaient en train de prier dans un lieu culte: «Nous ne voulions pas les laisser tomber. Après tout, ils sont [comme] tous les jeunes de 8 à 13 ans du monde.»

Le but de les rassurer et de les intégrer a été rempli, tout en tentant, pendant quelques jours, de leur faire oublier la tragédie. À savoir s’il récidivera l’été prochain, François Vézina est catégorique: «Oui, nous voulons absolument poursuivre notre engagement.»