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Joé Juneau et les filles du Nordik Selects à Québec

Thaïs Martel par Thaïs Martel
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Article mis en ligne le 27 janvier 2010 à 17:14
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Joé Juneau et les filles du Nordik Selects à Québec
Joé Juneau décrit ses filles comme de bonnes joueuses de hockey qui ont une tête sur les épaules.(Photo Thaïs Martel)
Joé Juneau et les filles du Nordik Selects à Québec
«C’est la première fois de l’histoire du Nunavik qu’une équipe de hockey féminine descend jouer dans le sud. Nous sommes en train d’écrire une page d’histoire et ce n’est pas seulement une question de pointage!»
Ces paroles pleines d’espoir sont celle de Joé Juneau, ex-hockeyeur originaire de Pont-Rouge et instigateur du programme école hockey dans le Grand Nord québécois. Son équipe de hockey cadet juvénile féminine, les Nordik Selects du Nunavik, étaient de passage au Pavillon de la Jeunesse la semaine dernière pour deux parties de hockey organisées par l’Association régionale du sport étudiant de Québec et de Chaudière-Appalaches (ARSEQCA).

Même si les hockeyeuses québécoises ont remporté les deux parties par la marque de 6-0 et de 12-1, l’expérience s’est révélée enrichissante pour les jeunes Inuites comme pour les joueuses de Québec. «C’est beau de voir ça. Pour moi c’est un sacrifice qui en vaut la peine», assure Joé Juneau en parlant de tout le temps passé dans le Grand Nord québécois, loin de sa famille qui, après deux ans à Kuujjuaq, s’est réinstallée dans la région de Québec.

Sensible aux problèmes de décrochage scolaire et de criminalité qui touchent particulièrement la communauté inuit, l’ex-hockeyeur de la LNH a en effet mis sur pieds en 2006 un programme visant à promouvoir les études par le hockey, programme auquel participent des élèves provenant de 14 villages et de 17 écoles de la Commission scolaire Kativik.

Questionné quant à son opinion sur les récents gestes de violences qui ont eu lieu durant des parties de hockey, Joé Juneau s’est montré catégorique. «Il n’y a pas de place pour des gens qui veulent agir de la sorte. On fait du hockey pour éduquer les jeunes. C’est notre sport national, il faut s’en servir pour amener les jeunes à mieux faire dans la société.»
Une affaire de famille
Même si le programme mis en place par l’ex-joueur du Canadien fonctionne bien, même si les organismes sont nombreux à vouloir y investir en procurant l’équipement nécessaire aux jeunes joueurs inuits, il reste qu’il faut encourager les jeunes. À ce niveau, l’implication des parents compte pour beaucoup.
«Si je n’avais pas été poussé moi-même, je ne me serais jamais rendu là où je me suis rendu. […] Des fois il y a trois parents seulement qui s’impliquent pour toute une équipe. On ne peut pas attacher les patins de tous les joueurs!»

Néanmoins, à ce niveau-là aussi Joé Juneau a pu constater un changement depuis son arrivée dans le Grand Nord en 2006. «Dans certains villages, le programme change aussi les parents. L’important c’est de donner à tout le monde le goût de continuer.»
Encore à faire
Malgré tout le positif qu’a apporté le programme école-hockey, il reste beaucoup de travail à faire pour lutter contre le décrochage dans le Grand Nord selon Claude Vallières qui se charge de l’aspect académique du programme école hockey. «Le projet de Joé, c’est un outil de plus, un programme communautaire et social attrayant autour duquel il faut bâtir», estime celui qui habite le Nord québécois depuis une quarantaine d’années et qui y a travaillé comme directeur d’école.
Il y a aussi que les préjugés sont tenaces. «La perception que les gens ont du décrochage au nord, c’est que c’est à cause de la drogue et de l’alcool. Au sud, on dit que c’est à cause du système. Ce qu’on ne dit pas, c’est que les élèves au nord apprennent en langue seconde, qu’ils sont dans des classes à plusieurs niveaux et que les plus avancés se retrouvent souvent tannés d’attendre après les autres, qu’il y a surpopulation dans les maisons», assure-t-il.

Pour Claude Vallières, il n’y a qu’une seule solution possible : continuer à faire des efforts pour modifier les comportements, changer les mentalités. «Ce n’est pas facile et ça va prendre encore du temps avant de voir les résultats.»

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