Annonces gratuites | Enchères en ligne | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne
Journal Le Jacques-Cartier
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

La liberté économique des Québécois entravée

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
Voir tous les articles de Jean-Pascal Lavoie
Article mis en ligne le 10 juillet 2008 à 13:57
Soyez le premier à commenter cet article
La liberté économique des Québécois entravée
Une étude de l'Institut Fraser classe le niveau de liberté économique du Québec à l'avant-dernier rang des États américains et des provinces canadiennes. Selon l'organisme, ce faible degré de liberté économique nuirait à la capacité des citoyens de prospérer.
Si les palmarès vantant les mérites économiques de la région de Québec font régulièrement les manchettes, la province dans son ensemble se porterait beaucoup moins bien en ce qui a trait au degré de liberté économique dont jouissent ses citoyens.

C'est ce qui ressort de l'étude Economic Freedom of North America: 2008 Annual Report publiée cette semaine par l'Institut Fraser, un organisme de recherche canadien de tradition néolibérale.

Sur les 10 provinces canadiennes et les 50 États américains à l'étude, le Québec se classe au 59e rang, devançant seulement l'Île-du-Prince-Édouard. C'est l'Alberta qui vient au premier rang au pays, devant l'Ontario et la Colombie-Britannique. L'Alberta prend aussi le second rang en Amérique du Nord, très loin devant l'Ontario, qui est 51e.

Selon les économistes, la liberté économique signifie que le bien qu'un individu a acquis de façon légitime est protégé de l'invasion physique des autres et que les individus sont libres d'échanger, donner ou utiliser ce bien comme bon leur semble tant qu'ils ne nuisent pas aux mêmes droits chez les autres. Un indice de liberté économique mesure donc le degré de protection des biens légitimement acquis ainsi que le degré d'implication des individus dans des transactions volontaires.

«Les provinces qui affichent un degré élevé de liberté économique sont celles qui ont des impôts moins élevés, un gouvernement plus petit et un marché du travail plus flexible», précise Fred McMahon, co-auteur de l'étude et directeur des études sur la mondialisation à l'Institut Fraser.

Un endroit où l'État est plus interventionniste, comme au Québec, restreint davantage la liberté économique des individus et fait donc piètre figure à ce palmarès. «L’omniprésence de l’État est bien intentionnée, mais il reste qu’elle impose un cadre rigide, ce qui explique que le Québec possède l’un des niveaux de liberté économique les plus bas de l'Amérique du Nord», explique Nathalie Elgrably-Lévy, économiste senior pour le Québec et la francophonie à l’Institut Fraser.
Un lien entre la liberté économique et la prospérité
La porte-parole de l’Institut Fraser n'hésite pas à tracer un lien entre la richesse des individus et leur degré de liberté économique. «La liberté économique est l’un des principaux moteurs de croissance et est indispensable pour assurer la prospérité économique d’un pays, affirme-t-elle. Les provinces les moins libres du point de vue économique sont également les moins prospères. Les gens sont plus pauvres qu'ils ne devraient l'être.»
L'étude établit en effet une corrélation marquée entre le degré de liberté économique et la prospérité. Les cinq provinces les plus libres économiquement sont aussi celles dont le PIB moyen per capita est le plus élevé à 47 472 $ en 2005, tandis que les cinq les moins libres ont un PIB moyen par habitant de 33 579 $.

Selon Tasha Kheiriddin, directrice pour le Québec et la Francophonie à l’Institut Fraser, «si les Québécois veulent une société plus prospère et améliorer leur niveau de vie, ils doivent alors réexaminer le rôle important que joue le gouvernement dans notre province.»

Si l'étude établit bien une corrélation entre la liberté économique et la prospérité, le lien de cause à effet n'est pas parfait. Bien que le Québec se classe au 9e rang sur 10 pour la liberté économique au Canada, son PIB par habitant en 2005 le place au 6e rang. Mieux encore, au chapitre du revenu personnel disponible par habitant, c'est-à-dire le revenu disponible après impôts et déductions salariales, le Québec se classe 5e au pays en 2005. Ces données suggèrent que d'autres facteurs que le degré de liberté économique peuvent jouer un rôle dans la prospérité d'un État et invitent à la prudence dans la portée à donner à l'étude de l'Institut Fraser.

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins