Avec l'effondrement du prix à la tonne des matières recyclées sur les marchés mondiaux, les centres de tri du Québec vivent des heures difficiles.
Crise du recyclage insoluble
Les mesures annoncées par la ministre du Développement durable et de l'Environnement du Québec, Line Beauchamp, pour relancer l'industrie du recyclage ont été accueillies tièdement par le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED).
Parlant au nom des 90 organismes environnementaux qui le compose, l'organisme provincial prétend qu'il n'y a rien de neuf dans les propositions gouvernementales du 28 janvier. On craint que la crise qui sévit dans l'industrie de la récupération des matières recyclables ne perdure.
«Sans être mauvaises en soi, les mesures annoncées sont insuffisantes. Je ne crois pas que les centres de tri seront soulagés par cette annonce», soutient Louis Charest, président du FCQGED. Il s'inquiète même des risques de fermetures de certaines installations.
Le Front commun déplore également que la ministre Beauchamp n'ait pas saisi l'occasion d'annoncer des mesures structurantes, pour protéger le Québec des fluctuations du marché. «Le modèle actuel a démontré ses limites. Il aurait été opportun d'annoncer des mesures telles une agence de mise en marché des matières recyclables ou l'obligation d'inclure un pourcentage de matières recyclées dans certains produits de consommation», suggère Claude Messier, administrateur du FCQGED.
Son de cloche différent du côté de la Fédération des municipalités du Québec (FQM). Le regroupement, qui représente quelque 915 municipalités souvent engagées dans la gestion de la collecte des matières résiduelles, se montre satisfait des mesures annoncées pour soutenir les centres de tri. Selon son président, Bernard Généreux, «le nouveau programme d'aide financière de 4,8 M$ permettra de répondre à un besoin criant et ponctuel». Il estime du même souffle que l'industrie du recyclage doit revoir ses pratiques, afin d'améliorer et d'uniformiser la qualité de sa production.