Fin des plaidoiries dans l'agression au IGA de Sainte-Catherine


Publié le 26 janvier 2017

Justice

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TRIBUNAL. Les parties ont complété leurs plaidoiries dans la cause de Xavier Roy accusé notamment de tentative de meurtre sur d'anciens collègues, lors d'une agression armée perpétrée au IGA de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Le jury reviendra, ce lundi 30 janvier, pour entendre les directives du juge Serge Francoeur, avant d'amorcer ses délibérations.

On verra à ce moment quels types de verdicts le magistrat soumettra au jury composé de huit femmes et quatre hommes. Il est assez évident que Roy s'expose à une possible condamnation pour tentative de meurtre, sinon pour voies de fait graves. Reste à savoir si le juge ouvrira aussi l'éventualité de verdicts moins sévères, comme voies de fait armées et voies de fait causant des lésions.

Rappelons que le prévenu âgé de 19 ans fait face à six chefs d'accusation, dont déguisement, usage d'armes(2), séquestration et tentatives de meurtre(2). Au lendemain de sa démission, le 12 juin 2015, Roy s'est rendu au Canadian Tire de Sainte-Foy pour acheter un pistolet à plomb et un couteau de chasse. Il est ensuite revenu au supermarché IGA de Sainte-Catherine, en fin de soirée, pour se cacher en attendant la fermeture à 22h. Surgissant déguisé, il a agressé violemment deux employés avant de s'enfuir et d'être arrêté chez ses parents non loin du lieu de travail.

Positions réitérées

Au cours des plaidoiries de clôture, l'avocat de la Défense, Me François Cauchon, a rappelé le cheminement académique difficile du jeune homme diagnostiqué pour un trouble de déficit d'attention avec hyperactivité (TDAH). Il a de nouveau insisté sur le fait que son client avait démissionné, parce qu'il était à bout d'être le souffre-douleur de certains collègues qui le ridiculisaient.

«C'est lorsqu'il s'est fait dire qu'il n'aurait pas de bonnes recommandations pour avoir quitté sans préavis, qu'il a paniqué en réprimant un profond sentiment d'injustice. Craignant de ne plus jamais se trouver d'emploi, il s'est désorganisé. C'est alors que l'idée lui est venue de faire du grabuge et de faire peur à ses ex-collègues. Mais, jamais il n'a eu l'intention de blesser ou de tuer», a soumis au jury Me Cauchon en soulignant les résultats des tests psychologiques.

À l'opposée, le procureur de la Couronne, Me René Verret, a insisté sur la trame factuelle planifiée des événements. Il a martelé au jury que Roy avait décidé de se venger dès le moment où il est allé acheter des armes.

«Il a mis des plombs dans le pistolet et a visé le visage d'un employé, avant de se rendre compte que les coups ne partaient pas. Voyant cela, il a utilisé son couteau et s'est mis à asséner des coups au niveau de la tête, du dos et des bras de ses victimes. Les blessures ont été graves et les traces de sang abondantes en témoignent. En considérant ces éléments, on ne peut que conclure hors de tout doute raisonnable que l'accusé avait une intention de tuer», a plaidé Me Verret, avant que le juge ne libère le jury.

TC Media