Enquête externe demandée après des allégations de gestes dégradants envers des personnes itinérantes
Le ministre de la Sécurité intérieure, Guy Lapointe, a annoncé dimanche que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) et le Commissaire à la déontologie policière mèneront chacun une enquête à la suite de la suspension d’un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui aurait uriné sur une personne en situation d’itinérance.
Selon le communiqué publié par le ministère, le directeur du SPVM a informé le ministre d’« une allégation criminelle » visant un membre du corps policier, conformité à l’article 286 de la Loi sur la police. Le ministre a jugé nécessaire que des organismes externes examinent la conduite « afin de préserver la confiance du public ».
« Il est clair pour moi que, dans ce cas précis, l’enquête doit être faite par une entité externe afin de préserver la confiance du public. » — Guy Lapointe, ministre de la Sécurité intérieure
Les allégations ont été d’abord rapportées par La Presse le 16 octobre. Le quotidien indiquait qu’un agent du poste de quartier 21, qui dessert notamment le centre-ville, aurait été filmé en train d’humilier des personnes en situation d’itinérance et qu’il aurait, à au moins une occasion, uriné sur une personne dormant dans la rue. Un second policier du même poste fait aussi l’objet d’une suspension pour des gestes distincts : il apparaîtrait sur des photos se moquant d’un suspect placé dans une position humiliante au cours d’une interpellation.
Le SPVM avait confirmé, le 16 octobre, la suspension de deux policiers du PDQ 21 et l’ouverture d’une enquête interne par sa Division des normes professionnelles, sans préciser la nature des gestes reprochés pour des raisons de confidentialité.
Réactions et portée de la décision
- Décision ministérielle : mandat d’enquêtes parallèles pour le BEI et le Commissaire à la déontologie policière.
- Motif invoqué : préserver la confiance du public face à des allégations criminelles et d’inconduite.
- Contexte : deux policiers suspendus par le SPVM ; les allégations n’ont pas encore donné lieu à des accusations criminelles publiques.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a salué la décision du gouvernement du Québec dans une publication sur les réseaux sociaux, rappelant que de tels comportements sont « inacceptables » et qu’ils n’ont pas leur place dans la société.
Le dossier demeure en cours d’enquête. Ni le BEI ni le Commissaire n’ont publié de délai pour la remise de leurs conclusions, et aucune accusation n’a été annoncée publiquement contre les policiers suspendus au moment du communiqué ministériel.