Un changement de stratégie politique
Le Conseil mohawk de Kahnawà:ke (MCK) amorce son retrait progressif de l’Assemblée des Premières Nations (APN) et de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL). La communauté entend désormais privilégier des échanges directs avec Ottawa et Québec dans les dossiers liés à ses droits, à ses compétences et à sa souveraineté.
Le MCK souhaite également resserrer ses liens avec d’autres Premières Nations. Selon l’orientation annoncée, les organisations nationales et régionales ne devraient pas parler au nom des nations lorsqu’elles négocient avec les gouvernements. Kahnawà:ke affirme maintenir cette position depuis plus de 25 ans.
« L’APN et l’APNQL ne parlent pas et ne négocient pas en notre nom », a déclaré le grand chef Cody Diabo dans un communiqué.
Des discussions bilatérales renforcées
La décision survient alors que le débat sur l’avenir de la Loi sur les Indiens reprend de l’importance au Canada. Elle intervient aussi après la rencontre tenue à Ottawa le 26 octobre 2026 entre des représentants des Premières Nations et les premiers ministres, un rendez-vous qui a ravivé les inquiétudes du Conseil mohawk.
Pour le grand chef Cody Diabo, toute éventuelle réforme de cette loi doit se faire avec la participation directe des nations concernées, qu’il décrit comme les détentrices des droits visés.
« Toute discussion concernant la Loi sur les Indiens viendra directement des détenteurs de droits », a-t-il affirmé.
Un retrait qui se fera par étapes
Kahnawà:ke entend s’appuyer davantage sur les mécanismes de dialogue déjà en place avec les deux gouvernements. Le Conseil cite notamment les tables de concertation suivantes :
- la table Kahnawà:ke-Canada;
- la table Kahnawà:ke-Québec.
Le départ de l’APN et de l’APNQL ne sera pas immédiat. Le MCK indique qu’il procédera par étapes, dans le cadre de cette nouvelle approche visant à faire entendre directement la position de Kahnawà:ke dans les discussions politiques qui la concernent.