Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador ferme la porte à une renégociation de l’accord énergétique conclu avec le Québec au sujet du développement de la rivière Churchill. Le premier ministre Tony Wakeham a déclaré jeudi à Saint-Jean qu’aucune tentative visant à modifier l’entente ne serait prise en considération.
Une position arrêtée
L’accord, présenté en août à Saint-Jean par Tony Wakeham, le premier ministre canadien Mark Carney et l’ancienne première ministre du Québec Christine Fréchette, est décrit comme une entente de coopération et de mise en œuvre. Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador le qualifie toutefois de non contraignant pour le moment.
« Que les choses soient claires: nous ne renégocierons pas cet accord et nous n’accorderons pas d’attention à quiconque d’autre qui tenterait de renégocier », a déclaré Tony Wakeham.
Les journalistes l’interrogeaient notamment sur le calendrier de signature des accords définitifs et sur leur présentation éventuelle à l’Assemblée législative provinciale. Le premier ministre a dit ne disposer d’aucune indication selon laquelle le nouveau premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, voudrait revenir sur la proposition.
Un projet de plusieurs milliards
La proposition prévoit que Hydro-Québec et Newfoundland and Labrador Hydro travaillent au développement de la capacité hydroélectrique de la rivière Churchill. Le gouvernement fédéral a annoncé un financement de 10 milliards $ pour soutenir le projet, que Mark Carney a présenté comme le plus important investissement en énergie propre de l’histoire de l’Amérique du Nord.
- Le projet concerne la rivière Churchill, au Labrador;
- Hydro-Québec et Newfoundland and Labrador Hydro seraient appelées à y participer;
- Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador refuse, pour l’instant, toute renégociation de la proposition.
Le dossier soulève aussi des questions du côté des Innus. Jodie Ashini, grande cheffe de la Nation innue du Labrador, a écrit mercredi sur Facebook que les Innus n’avaient pas été inclus dans les négociations énergétiques, même si l’accord prévoit des projets sur leurs terres. La rivière Churchill traverse leur territoire traditionnel.