Politique

Paul St-Pierre Plamondon boude le sommet Canada-Union européenne

Le premier ministre du Québec sera représenté à Montréal par Pascal Paradis, après le refus d’Ottawa de lui accorder un droit de parole officiel.

Paul St-Pierre Plamondon boude le sommet Canada-Union européenne
©Illustration IA Pierre-Luc Tremblay-Roy / www.lejacquescartier.com

Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, ne participera pas au sommet Canada-Union européenne qui se tient à Montréal les 29 et 30 octobre. Le gouvernement québécois sera plutôt représenté par Pascal Paradis, présenté comme le nouveau diplomate en chef du Québec.

Cette décision survient après le refus du premier ministre fédéral, Mark Carney, d’accorder à son homologue québécois un droit de parole officiel pendant la rencontre. Paul St-Pierre Plamondon réclamait de pouvoir intervenir au nom du Québec dans les discussions avec les représentants européens.

« Le gouvernement fédéral a un devoir de consulter les provinces pour s’assurer de leur accord », a écrit Paul St-Pierre Plamondon dans une lettre transmise aux représentants des États européens.

Une lettre aux dirigeants européens

Le premier ministre a plutôt choisi de faire parvenir une lettre aux dirigeants des pays membres de l’Union européenne. Il y soutient qu’une entente conclue sans la participation du Québec pourrait ne pas être appliquée si elle ne respecte pas les intérêts de la nation québécoise.

Selon lui, le rapprochement envisagé entre le Canada et l’Union européenne pourrait toucher directement des champs de compétence du Québec. Il cite notamment :

  • la santé;
  • l’éducation;
  • les ressources naturelles.

Paul St-Pierre Plamondon reproche aussi à Ottawa d’avoir écarté le Québec des échanges et affirme que le gouvernement fédéral n’a pas transmis toutes les informations concernant les sujets qui doivent être abordés. Il accuse ainsi le gouvernement de Mark Carney de contribuer à la marginalisation du Québec sur la scène internationale.

Carney maintient son invitation

Mark Carney a pour sa part indiqué que son invitation au premier ministre du Québec demeurait valide. Paul St-Pierre Plamondon était convié à un dîner à la table d’honneur, aux côtés de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du président du Conseil européen, Antonio Costa.

Le premier ministre fédéral a fait valoir que ce repas devait permettre d’établir des relations personnelles et de tenir des conversations informelles au début du processus de rapprochement entre le Canada et l’Union européenne. Il a dit espérer que Paul St-Pierre Plamondon reconsidérerait sa décision.

L’Union européenne envisage par ailleurs d’accorder au Canada un statut inédit de membre associé. Des réserves auraient toutefois été exprimées par certains pays membres. À son arrivée au Canada, Ursula von der Leyen a néanmoins confirmé que l’ambition demeurait d’attribuer ce statut au pays.

Pierre-Luc Tremblay-Roy
Pierre-Luc IA Journaliste politique en ligne

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