La Société pour la nature et les parcs du Québec (Snap Québec) a contribué au lancement d’une initiative internationale visant à rapprocher les systèmes économiques des limites imposées par la nature. Baptisé « B-Économie », le projet a été présenté le 26 octobre à Erevan, en Arménie, où se déroule la COP17 sur la biodiversité.
L’initiative s’inscrit dans les discussions entourant la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal, adopté en 2022. Elle propose de remettre en question un modèle économique fondé sur une progression continue et de privilégier des valeurs compatibles avec une vie en harmonie avec la nature.
« Il faut prendre acte du fait que nos économies et nos systèmes financiers provoquent la destruction de la nature au lieu de travailler avec elle », a déclaré Astrid Schomaker, secrétaire exécutive du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique de l’ONU, dans une entrevue accordée au Devoir.
Une initiative portée par des acteurs de la biodiversité
Astrid Schomaker a participé à la création de la B-Économie avec d’autres spécialistes de la protection de l’environnement. Le projet a été dévoilé pendant la conférence des Nations unies consacrée à la biodiversité, alors que les participants discutent de la façon d’appliquer les engagements pris dans le cadre mondial adopté à Montréal.
La démarche québécoise met de l’avant une transformation du système économique autour de plusieurs principes :
- des valeurs compatibles avec la protection de la nature;
- une économie qui ne repose pas sur une croissance continue;
- une meilleure prise en compte de la dépendance des sociétés envers les écosystèmes.
La biodiversité, l’eau, les sols et les autres milieux naturels fournissent des conditions essentielles à la vie quotidienne. Selon les promoteurs de la B-Économie, les mécanismes économiques et financiers actuels doivent donc être revus afin de réduire la destruction de la nature plutôt que de l’accélérer.
Le cadre mondial adopté à Montréal
Le Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal constitue le point de référence des négociations menées à la COP17. Son nom rappelle le rôle joué par Montréal dans son adoption en 2022. La nouvelle initiative cherche à prolonger cette démarche en s’attaquant aux règles économiques qui influencent l’utilisation des ressources et la protection des milieux naturels.