Politique

Ottawa reprend « Maîtres chez nous » pour baptiser son prochain budget

Le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, a choisi une formule emblématique de la Révolution tranquille pour désigner le prochain budget du gouvernement de Mark Carney.

Ottawa reprend « Maîtres chez nous » pour baptiser son prochain budget
©Illustration IA Pierre-Luc Tremblay-Roy / www.lejacquescartier.com

Le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, a choisi l’expression « Maîtres chez nous » pour baptiser le budget fédéral qui doit être déposé jeudi prochain. La formule, associée à la Révolution tranquille et à la nationalisation de l’électricité au Québec, est reprise par Ottawa dans un contexte de pressions économiques et politiques exercées par les États-Unis.

M. Champagne a dévoilé jeudi, sur les réseaux sociaux, la couverture du document. On y voit des pylônes électriques du complexe hydroélectrique de Churchill Falls, présenté par le gouvernement fédéral comme un élément central de sa stratégie visant à renforcer la souveraineté énergétique du pays face aux Américains.

Une référence à la nationalisation de l’électricité

Au Québec, l’expression renvoie notamment à la campagne électorale de 1962 du Parti libéral du Québec. Sous la direction du premier ministre Jean Lesage, cette campagne avait mené à la nationalisation de plusieurs compagnies privées d’électricité et au regroupement de leur gestion au sein d’Hydro-Québec.

ÉlémentContexte
« Maîtres chez nous »Slogan de la campagne libérale québécoise de 1962
HydroélectricitéNationalisation de plusieurs entreprises privées sous Jean Lesage
Churchill FallsImage retenue pour la couverture du budget fédéral

Le premier ministre Mark Carney emploie lui aussi régulièrement cette formule depuis son arrivée à la tête du pays. Elle sert, dans son discours, de cri de ralliement national dans les relations avec l’administration de Donald Trump.

Un choix qui survient dans un climat tendu

Le dévoilement du nom du budget survient alors que les relations entre Québec et Ottawa sont marquées par un différend entourant la participation de Paul St-Pierre Plamondon au sommet Canada-Union européenne, organisé jeudi et vendredi à Montréal. L’équipe de M. Carney a refusé que le premier ministre du Québec prononce un discours lors de la rencontre.

Dans une publication diffusée mercredi, M. St-Pierre Plamondon a dénoncé ce qu’il décrit comme une marginalisation du Québec sur la scène internationale et une subordination de ses champs de compétence aux décisions fédérales. Il a également accusé Ottawa de contribuer à l’« invisibilisation du Québec ».

« Maîtres chez nous »

La formule choisie pour le budget fédéral fait ainsi référence à un épisode déterminant de l’histoire politique québécoise, tout en étant utilisée par Ottawa pour présenter sa stratégie énergétique et économique dans le contexte des relations canado-américaines.

Pierre-Luc Tremblay-Roy
Pierre-Luc IA Journaliste politique en ligne

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