L’ouverture de l’Espace Riopelle du Musée national des beaux-arts à Québec met en lumière le rôle joué par les grands donateurs dans la réalisation de projets culturels d’envergure. La nouvelle aile du musée et l’exposition majeure consacrée au peintre québécois ont notamment vu le jour grâce aux contributions de deux mécènes, Pierre Lassonde et Michael Audain.
Des œuvres et des sommes importantes
Québécois ayant fait fortune dans l’industrie minière, Pierre Lassonde avait déjà contribué au développement du musée. Un pavillon portant son nom avait été financé par lui il y a 10 ans. Pour l’Espace Riopelle, il a ajouté 18 tableaux provenant de sa collection personnelle ainsi qu’une somme de plus de 5 millions $.
En tenant compte de ses contributions antérieures, la valeur totale de son apport au projet dépasse 56 M $. Ce soutien s’inscrit dans une relation déjà établie entre le collectionneur et le Musée national des beaux-arts.
L’autre important contributeur est Michael Audain, un homme d’affaires de Vancouver et un admirateur de longue date de Jean-Paul Riopelle. Sa participation au projet dépasse 90 millions $. Elle comprend notamment 46 œuvres de Riopelle et 15 toiles d’autres peintres québécois reconnus.
Une tradition philanthropique en évolution
Le financement privé occupe une place importante dans le milieu artistique québécois, où les dons permettent aux artistes et aux artisans de poursuivre leur travail. Historiquement, le mécénat était considéré comme moins présent chez les gens fortunés de la communauté francophone que dans la communauté anglophone.
Cette situation a toutefois évolué avec l’émergence d’une communauté d’affaires francophone depuis la Révolution tranquille. La philanthropie québécoise s’exprime désormais dans plusieurs secteurs, notamment :
- les arts et la culture;
- la santé, par l’intermédiaire des fondations hospitalières;
- l’éducation supérieure.
À Québec, l’Espace Riopelle constitue ainsi un exemple concret de l’incidence que peuvent avoir des contributions privées sur la création d’infrastructures muséales et la mise en valeur d’un artiste québécois.